Le marché de crédit en quête d’éléments stabilisateurs
L’aversion pour le risque des investisseurs semble être à son paroxysme avec un indice iTraxx Crossover au-dessus des 470 points de base
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Kaysser Cherif
Au cours de la semaine écoulée, l’aversion pour le risque a augmenté significativement pesant lourdement sur le marché de crédit. Cette aversion pour le risque a résulté de l’annonce de pertes historiques de la part des banques américaines et de l’inquiétude des investisseurs concernant les rehausseurs de crédits. Ces nouvelles conjuguées à des indicateurs économiques négatifs ont renforcé les craintes de récession aux Etats-Unis. C’est dans cet environnement particulièrement inquiétant que l’indice iTraxx Crossover s’affichait hier à 472 points de base (pb) après s’être hissé à un niveau proche de 450 pb la semaine dernière. L’indice iTraxx Europe a franchi les 77 pb tandis que la volatilité atteint des sommets avec un indice HiVol touchant 118 pb.
Désormais se pose la question de la normalisation du marché. A très court terme, les analystes de Natixis estiment que « les investisseurs vont rester sur la défensive puisqu’il n’est pas aisé de prévoir avec suffisamment de précision l’ampleur et la durée des ralentissements conjoncturels ». Pour les stratèges de Dresdner Kleinwort, « la crise du crédit à risque pourrait se propager à d’autres segments du marché comme les cartes de crédit ou les prêts automobiles et affecter les émetteurs non financiers ». Les analystes de la banque allemande craignent également que « la saison des résultats des banques européennes qui débute au cours des prochaines semaines réserve de mauvaises surprises, alors que certaines d’entre elles n’ont semble-t-il pas encore tout divulgué de leur exposition au subprime ».
Toutefois, il n’est pas à exclure qu’au moindre signe de stabilisation, les investisseurs se positionneront à nouveau sur le marché. En effet, en dépit des tensions inflationnistes, la plupart des grandes banques centrales ont affiché leur volonté de soutenir la croissance. D’autant que l’action des banques centrales en fin d’année dernière a permis à la situation dans les marchés interbancaires de se normaliser. Les taux courts ont en effet renoué avec leur niveau d’avant la crise sur l’ensemble des maturités, même s’ils intègrent, aussi, les anticipations de baisse des taux de la Fed. Ce décrochage entre marchés monétaire et de crédit laisse ainsi perplexes de nombreux experts qui estiment que les primes de risques actuelles sont décorrélées des fondamentaux.
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