Le maintien du refinancement de la BCE calme les tensions sur l’interbancaire

Les banques seront assurées de trouver des fonds illimités à 3 mois lors des opérations prévues en janvier, février et mars
Alexandre Garabedian

En reportant sa stratégie de retrait des liquidités injectées dans le système bancaire, la Banque centrale européenne (BCE) a assuré hier le service minimum. La BCE a décidé de continuer à allouer de manière illimitée et à taux fixe ses opérations de refinancement à 3 mois, les LTRO, au moins jusqu’à fin mars 2011. Ellle avait envisagé revenir dès janvier à un système d’adjudications, et retarde à nouveau le retour à la normalisation de sa politique. Les établissements de crédit de la zone euro ont donc l’assurance d’être servis autant qu’ils le souhaitent lors des opérations prévues le 26 janvier, le 23 février et le 30 mars prochains. Les injections courantes (MRO) seront également faites de manière illimitée.

«C’est le minimum que nous anticipions. Nous avons désormais environ quatre mois pour traiter le problème [de la dette souveraine] et ramener les spreads à des niveaux plus resserrés», estimait hier David Keeble, responsable de la stratégie fixed income Europe chez CA CIB.

Même limitées et largement anticipées, les annonces de la BCE ont permis de calmer le jeu sur un marché interbancaire qui donnait ces derniers jours des signes de tension croissante. Si les banques les plus fragiles des Etats périphériques sont déjà très dépendantes du financement BCE, la LTRO à 3 mois du 24 novembre avait attiré 189 établissements, contre 132 lors de l’opération d’octobre, pour des montants supérieurs aux attentes.

Deux indicateurs de stress commençaient par ailleurs à clignoter. Le spread forward Libor/OIS, qui reflète l’anticipation d’un renchérissement des taux interbancaires, était passé de 26 à 43 points de base en une semaine. Les spreads de swaps de devises euro contre dollar à 2 ans s’étaient également creusés de -20 à -50 pb, signe de tension sur le financement en dollar des banques européennes. Les deux indicateurs se sont relâchés hier, pour la deuxième journée consécutive.

Rien ne garantit que le coup d’arrêt aux tensions soit définitif, compte tenu de la prudence affichée hier par la banque centrale. «En s’engageant seulement sur une rallonge de 3 mois, la BCE reste l’œil fixé sur une sortie graduelle», rappelle en outre Greg Fuzesi, économiste chez JPMorgan. Quant au marché de la dette bancaire senior, il reste fermé.

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