Le low-cost a tiré les marges de Renault en 2007
Vendre des voitures à bas coûts risque-t-il de pénaliser les marges ? Renault s’attache depuis plusieurs mois à réfuter cette théorie. Et les chiffres de 2007 semblent lui donner raison. L’an dernier, la gamme Logan a dépassé les 6 % de marge en Europe et a même atteint les 8,8 % sur le seul marché roumain. Autant dire que même si elle pèse peu en valeur absolue, la Logan se révèle plus rentable que le groupe dans sa moyenne, Renault ayant affiché en regard une rentabilité globale de 3,3 % (1,354 milliard d’euros d’opérationnel). Un chiffre toutefois supérieur à l’objectif de 3 % et aux 2,6 % de 2006.
La médaille a en tout cas un revers. Force est de constater, au vu de ces chiffres, que la rentabilité du reste de la gamme est bien moindre que celle de Logan. Renault demeure plutôt discret sur ce point dans sa communication. Mais si l’on retraite les chiffres des ventes de Logan en France, en Roumanie et dans le reste de l’Europe (181.559 unités), un rapide calcul permet d’estimer que les ventes hors Logan en Europe ont dégagé à peine 3,2 % de marge. La rentabilité est même voisine de zéro sur le segment I (citadines) et négative sur celui des berlines (Laguna).
Il reste donc du chemin, en particulier à la marque Renault, avant d’atteindre les objectifs confirmés de 4,5 % de marge en 2008 et de 6 % en 2009 au niveau groupe. Pour cela, Renault compte sur ses nouveaux lancements et la montée en puissance de modèles comme la Twingo et la Laguna. Encore faudra-t-il que cette dernière séduise les clients (notamment les flottes). Car pour l’heure, le démarrage semble délicat, Renault ayant décidé d’en ralentir le rythme de production.
Mais il y a aussi fort à parier qu’une large partie des 800.000 véhicules supplémentaires ambitionnés entre 2005 et 2009 proviendra également de la gamme Logan et plus généralement du segment low-cost. A ce propos, le président de Renault, Carlos Ghosn, a tenu à apporter une précision visant à rassurer d’éventuels doutes du marché. Pour lui, il n’est pas question de s’engager sur une marge de 6 % qui négligerait les volumes. « Faire 6 % de marge sur 40 milliards d’euros de chiffre d’affaires ou sur 50 milliards, ce n’est pas la même chose », a-t-il souligné. Il a ainsi rappelé que son engagement de marge correspondait à un chiffre de 3 milliards d’euros en valeur absolue.
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