Le label de qualité pour les ABS sera détaillé dans quelques mois
L’industrie de la titrisation avance dans le développement d’un label de qualité pour relancer le marché. Baptisé PCS pour prime collateralised securities, il est porté par le lobby des banques d’investissement, AFME (Association for Financial Markets in Europe) et par l’EFR (European Financial Services Round Table), qui réunit les dirigeants des banques et compagnies d’assurances. Les deux associations devraient détailler le fonctionnement du label dans les mois à venir.
«C’est une initiative qui rencontre une large participation du marché», assure Sebastian Fairhurst, secrétaire général de l’EFR. Il précise que «la Banque d’Angleterre et la Banque centrale européenne surveillent attentivement cette initiative». Pour l’heure, un groupe de travail est constitué et une équipe est en train d’être sélectionnée pour se pencher sur les critères d’éligibilité au label de qualité. Celui-ci doit identifier les actifs de meilleure qualité pour rendre le marché plus transparent, favoriser une certaine standardisation et simplification des produits et in fine promouvoir la liquidité. «Nous ajusterons nos critères d’éligibilité si besoin. Si le label marche bien nous pourrions l’élargir à d’autres classes d’actifs», ajoute Sebastian Fairhurst.
«La plupart des non-connaisseurs du marché identifient les titrisations aux titres subprime américains alors que la performance d’une grande majorité de titrisations a été très bonne», justifie Rick Watson, directeur du département consacré à la titrisation à l’AFME. Selon lui, «le label PCS exigera probablement l’utilisation des standards de transparence fixés par la BoE et la BCE». Cette dernière est en train de développer avec l’entreprise Sapient Global Markets, une base de données sur les prêts sous-jacents des titrisations qu’elle prend en collatéral. La Banque d’Angleterre développe un système similaire.
Dans une note rédigée en janvier, les analystes de Barclays se montraient plutôt critiques vis-à-vis du label PCS, qu’ils jugent trop centré sur la standardisation et la simplification des titrisations. Cependant, ils estiment «que la régulation est telle que nous avons le choix entre le label PCS et la disparition de la titrisation en Europe». Pour eux, le marché ne reprendra des couleurs que si le label est utilisé par les régulateurs pour déterminer les actifs éligibles au ratio LCR de liquidité bancaire dans la directive CRD 4.
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