Le Japon part en croisade contre l’envolée de sa dette et du yen
Le gouvernement envisage de céder ses participations dans Japan Tobacco et NTT, alors que la probabilité d’une intervention sur les changes s’accroît
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Patrick Aussannaire
Le gouvernement japonais se porte sur tous les fronts. Katsuya Okada, un des dirigeants du parti au pouvoir, a indiqué hier que le gouvernement pourrait réduire à un tiers sa participation dans Japan Tobacco, mais également céder les 33% qu’il détient encore dans le géant des télécoms NTT. Une introduction en Bourse des 53% détenus dans Tokyo Metro, qui gère le réseau de la capitale, viendrait compléter le programme de privatisation destiné à financer les efforts de reconstruction du pays après le séisme de mars.
La part de l’Etat dans Japan Tobacco est estimée à environ 1.700 milliards de yens (15,39 milliards d’euros), celle dans NTT à 2.100 milliards alors que l’IPO de Tokyo Metro lui rapporterait 115 milliards, soit un total de près de 4.000 milliards.
Sous la pression de Moody’s, Tokyo souhaite envoyer un message fort aux investisseurs afin d’éviter une dégradation de sa note qui entraînerait une augmentation du coût de sa dette et pourrait plonger le pays dans une crise comparable à celle des pays périphériques européens. Déjà plombé par une dette qui devrait atteindre 219% du PIB du pays selon l’OCDE, le gouvernement prévoit une dépense supplémentaire de 13.000 milliards de yens pour alimenter les projets de reconstruction du pays qui s’ajoutent aux 6.000 milliards déjà prévus dans deux précédentes rallonges budgétaires.
Et Katsuya Okada de reconnaître explicitement que «le gouvernement est dans une situation où il ne peut plus émettre de nouvelles obligations. Après l’automne, quand nous aurons épuisé nos recettes fiscales, nous ne serons plus capables d’honorer nos paiements». D’autant que la croissance, anticipée à seulement 0,4% par la Banque du Japon pour l’année budgétaire d’avril 2011 à mars 2012, est menacée par l’envolée du yen qui pénalise fortement les exportateurs nippons.
Déjà engagée dans un programme de rachat de titres publics (monétisation de la dette) afin de soutenir l’économie, la BoJ subit de fortes pressions pour intervenir sur le marché afin d’enrayer l’envolée du yen qui sert de monnaie refuge. Lundi, le yen s’est échangé à 76,29 pour un dollar, tout près de son record historique atteint en mars à 76,25. Dans ce contexte, le ministre des Finances, Yoshihiko Noda, a indiqué hier regarder «les marchés de très près» et communiquer «étroitement avec la BoJ et aussi d’autres pays».
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