Le «high yield» s’alarme de la montée des risques
Avec la crise en Ukraine, les mauvais chiffres en Europe et les frappes aériennes américaines en Irak, l’aversion pour le risque s’est amplifiée la semaine dernière sur les marchés financiers. Le segment des obligations à haut rendement (high yield) en a été l’une des premières victimes. Les fonds spécialisés dans cet actif ont subi leur plus mauvaise semaine de l’année. Selon les statistiques d’EPFR, ils ont essuyé 11,4 milliards de dollars de retraits, soit autant qu’au cours des trois semaines précédentes.
Initié début juillet aux Etats-Unis, le mouvement de ventes massives a traversé l’Atlantique ces derniers jours, alimenté par la dégradation des performances. En juillet, l’indice BofA Merrill Lynch US High Yield a plié de 1,3%, son premier recul depuis août 2013 (-0,6%). Son équivalent européen a cédé 0,33%. Il n’avait plus baissé depuis juin 2013 (-2%).
Ces retraits de fonds ont pu aussi être alimentés par une forme de trop-plein des investisseurs, qui plus est dans une période estivale traditionnellement plus creuse, alors que plus de 115 milliards de dollars d’obligations high yield ont été placées en Europe depuis le début de l’année. «Quand les investisseurs deviennent de plus en plus complaisants, que les structures d’opération deviennent de moins en mois favorables et que les rendements se resserrent, nous pouvons y voir des signes d’avertissement», indique à Bloomberg Jon Mawby, gérant de GLG Partners. En juillet, plusieurs émissions de sociétés notées dans la catégorie junk ont dû être ajustées voire tout simplement annulées en raison d’une moindre demande des investisseurs et d’une plus grande sélectivité.
«Suite à la forte performance du marché au premier semestre, nous pensons que les investisseurs ont simplement cherché à prendre leurs profits, dans l’attente de points d’entrée plus attractifs», relativise Eric Pictet, directeur général du bureau parisien de la société de gestion Muzinich & Co. Un calme partagé par les stratèges de JPMorgan, selon lesquels «la correction est de nature plus technique que fondamentale». Ils rappellent que les résultats semestriels publiés par les entreprises ont montré une amélioration des profils de crédit et que, même si le ratio de levier a augmenté, il reste très inférieur au niveau de 2007 avec des taux de défaut annuels sous 1%. «Il ne reste que 2,9% du marché à refinancer entre 2014 et 2015, ce qui laisse penser que le risque de maturité est bien maîtrisé», appuie Eric Pictet.
«Nous pensons que le pic des retraits est derrière nous, ce qui historiquement indique que le pic sur les spreads est proche de sa fin», veulent croire les analystes crédit de Barclays, qui jugent «disproportionnée» la vague de retraits. La correction sur le marché du high yield s’est faite de façon relativement ordonnée, avec des baisses quotidiennes relativement progressives et dans des proportions proches, voire inférieures, à celles des marchés actions, autre classe d’actifs touchée par la montée des risques. Pour le mois de juillet, l’indice S&P 500 a perdu 1,5%. Et pour la première semaine du mois d’août, les fonds actions mondiaux ont subi plus de 16 milliards de dollars de retraits.
{"title":"","image":"81312»,"legend":"High Yield, juillet 2014","credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Le rial iranien en perdition
Retrouvez comme chaque semaine, le coup d'oeil de DeftHedge sur le marché des changes. -
La Société Générale tient bon grâce à la banque de détail
La progression des revenus et des résultats des activités de détail en France et à l'étranger, en agence et à distance, compense largement le vif recul de certains pans de la banque de financement et d'investissement. -
Engie poursuit son recentrage en préparant son désengagement du nucléaire belge
Cohérente avec la stratégie de l’énergéticien, cette décision reflète aussi la volonté du gouvernement de Bart De Wever d’avoir les mains libres pour mettre en œuvre sa politique énergétique. La lettre d’intention signée entre les deux parties marque le début d’un long processus de négociation. -
Le retrait du PIF force le LIV Golf à penser au coup d’après
Le fonds souverain saoudien a pris la décision de ne plus financer le LIV Golf, une compétition de golf qui depuis sa création en 2021 a ébranlé le monde des circuits de golf professionnels. -
Les fonds de pension britanniques devront jouer le jeu de la préférence nationale
La chancelière de l'Échiquier du Royaume-Uni a remporté une bataille pour contraindre les fonds de pension à investir leurs actifs dans le pays. -
Nomura AM International crée le poste de directeur des investissements
Il revient à Andrew Goldberg qui a passé plus de vingt ans chez JP Morgan, où il a créé le Guide des marchés et dirigé des initiatives sur les actifs alternatifs.
ETF à la Une
AllianzGI va bientôt lancer ses premiers ETF actifs en Europe
Contenu de nos partenaires
-
Du pareil au mêmePrésidentielle : au meeting du 1er mai, Marine Le Pen et Jordan Bardella mettent en scène leur entente
Réunis pour leur dernier meeting avant la décision attendue de la cour d'appel de Paris le 7 juillet, les deux voix du RN ont mis à l'honneur les travailleurs, en veillant à gommer tout soupçon de divergences sur la ligne économique du parti -
L’Iran a transmis une nouvelle proposition de résolution du conflit aux Etats-Unis
La dernière offre de la République islamique d’Iran a été transmise jeudi soir au Pakistan, qui fait office de médiateur dans les discussions avec les Etats-Unis -
Voitures électriques : en France, les ventes ont augmenté de 48 % depuis le début de l'année
Lors des quatre premiers mois de 2026, plus de 148 300 véhicules électriques ont été vendus, selon la Plateforme automobile (PFA). Et ce, dans un marché automobile en berne