Le Haut conseil des finances met en doute la trajectoire budgétaire française
Le Haut conseil des finances publiques (HCFP) a jeté hier un doute sérieux sur la trajectoire budgétaire française alors que Paris doit transmettre aujourd’hui à la Commission européenne son programme de retour à l’équilibre.
Dans un avis d’une dizaine de pages, qui constitue le premier rendu par cette nouvelle instance indépendante, le Haut conseil se montre prudent dans sa formulation mais n’en délivre pas moins un message clair: «un léger recul du produit intérieur brut en 2013 et une croissance sensiblement inférieure à 1,2% en 2014 ne peuvent pas être exclus». Dans sa note, le Haut comité évoque «un certain nombre de fragilités» dans les hypothèses faites pour un retour à une croissance moyenne de 2% sur la période 2015-2017.
Dans un communiqué, le ministre de l’Economie Pierre Moscovici a indiqué prendre acte des réserves émises par le Haut conseil des finances publiques mais a confirmé les prévisions de croissance du gouvernement récemment revues à la baisse. Elles s’établissent à 0,1% en 2013 contre 0,8% auparavant, 1,2% en 2014, et 2% par an entre 2015 et 2017. «Compte tenu de l’ampleur des réformes engagées, se fixer un objectif de croissance plus prudent en 2014 ne serait pas justifié, et conduirait à programmer un ajustement excessif pour ramener le déficit sous les 3% du PIB en 2014», a justifié Pierre Moscovici.
De manière plus générale, le Haut conseil des finances publiques se montre réservé sur le scénario macroéconomique retenu par le gouvernement dans le cadre de son programme de stabilité financière qui doit encore passer sous les fourches bruxelloises.
Paris tente en effet d’obtenir auprès de la Commission européenne un sursis d’un an pour ramener son déficit public en dessous de la barre des 3% du PIB. Confronté à la dégradation de la conjoncture, le gouvernement avait finalement dû renoncer à cet objectif pour 2013.
Le Haut conseil identifie plusieurs «aléas» susceptibles de venir gripper la machine. Il évoque ainsi plusieurs facteurs de risques s’agissant de l’environnement international. Ses craintes portent aussi sur la demande interne.
Un certain nombre de risques peuvent également être recensés s’agissant de l’évolution de la compétitivité de la France. A ce titre, il épingle le dispositif gouvernemental du crédit d’impôt dont il estime l’impact difficile à mesurer. «Ces effets gagneraient à être davantage documentés», regrette le Haut conseil.
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