Le gouvernement veut mobiliser l’épargne pour la transition énergétique
François Hollande souhaite associer le secteur bancaire au financement des investissements sans créer pour autant de nouveau produit spécifique
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Olivier Pinaud
Une grande «conférence bancaire et financière de la transition énergétique». C’est ce qu’a prévu d’organiser au printemps prochain le gouvernement afin de trouver les moyens de financer les investissements liés au changement de modèle énergétique de la France.
Selon François Hollande, toutes les ressources devront être mobilisées pour trouver les 20 milliards d’euros nécessaires, tous secteurs confondus, pour réduire de moitié la consommation finale d'énergie du pays d’ici 2050. Cette sobriété permettrait d'économiser 20 à 50 milliards d’euros sur la facture énergétique dès 2030, puis de la diviser de 3 à 6 fois d’ici à 2050. La facture énergétique de la France a atteint un record, à 69 milliards d’euros en 2012.
Le président de la République a notamment insisté sur le rôle essentiel que devra tenir Bpifrance, mieux à même selon lui de prendre le risque de financer des projets de longue durée, mais aussi l’ensemble de la profession bancaire. «Il nous faut aussi associer le secteur bancaire», a lancé le chef de l’Etat lors de la Conférence sur l’environnement tenue en fin de semaine dernière.
Le président de la République souhaite ainsi que l'épargne des Français soit mobilisée. «Tout ce qui peut être un moyen de collecter de l'épargne à des fins de soutenir la transition énergétique doit être encouragé», a lancé François Hollande, insistant notamment sur des produits comme le Livret de développement durable et l’assurance vie. Mais selon lui «il n’y a pas besoin d’en inventer d’autres». En juillet 2013, l’encours total des LDD frôlait les 100 milliards d’euros. Aucun détail n’a été avancé sur le moyen d’orienter une partie de cette épargne vers les investissements liés à la transition énergétique.
Par ailleurs, François Hollande a confirmé la création d’une contribution climat-énergie dans le projet de loi de Finances 2014. «Cette mesure représentera 2,5 milliards d’euros en 2015 et 4 milliards en 2016», a indiqué le Premier ministre. Le montant pour 2014 n’a pas été précisé et dépendra de la présentation du prochain budget. La redistribution du produit de cette taxe passera pour les ménages par une baisse du taux de TVA sur les travaux d’isolation thermique à 10% à 5% en 2014 et un crédit d’impôt. Les entreprises bénéficient du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (Cice), lui-même financé en partie par cette fiscalité écologique, a rappelé le chef de l’Etat.
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