Le gouvernement italien veut s’attaquer au problème des créances douteuses
Matteo Renzi est venu à bout de son marathon législatif sur la réforme des règles du jeu électoral en Italie. Après une série de va-et-vient, la chambre basse a définitivement voté hier la loi promue par le président du Conseil. Celle-ci ne concerne que l’Assemblée Nationale. La réforme du Sénat, qui deviendrait une chambre non élue, doit passer par une évolution de la Constitution et nécessitera un référendum. Avec ces nouvelles règles du jeu, les futurs gouvernements italiens devraient être constitués sur la base de majorités fortes et ne plus faire l’objet, comme jusqu’à présent, du jeu des coalitions.
La nouvelle loi entrera en vigueur en 2016. Elle accordera 55% des sièges de députés au parti, et non plus à la coalition de partis, qui obtiendra au moins 40% des voix au premier tour des élections législatives. Si aucun parti ne franchit ce seuil, un second tour sera organisé deux semaines plus tard entre les deux partis arrivés en tête, pour déterminer qui bénéficiera de la prime majoritaire. Selon Matteo Renzi, ce nouveau système permettra de savoir dès le soir du vote qui dirigera le pays pendant cinq ans. «La stabilité politique est une pré-condition au développement économique et culturel», a lancé hier le président du Conseil italien lors d’une conférence à la Bourse de Milan. L’Italie a connu 63 gouvernements depuis la fin de la seconde Guerre mondiale.
Fort de cette victoire, et alors que son Parti démocratique caracole en tête des sondages avec près de 40% des votes à lui seul, Matteo Renzi veut maintenir le rythme des réformes. L’une des premières mesures pourrait concerner les créances douteuses qui minent les banques italiennes et les empêchent, selon le président du Conseil italien, de rivaliser avec leurs concurrentes européennes. Leur montant est estimé à près de 350 milliards d’euros.
Matteo Renzi a promis hier de prendre des mesures concrètes dans les semaines à venir. Le gouvernement réfléchit à des mesures fiscales ainsi qu’à une réforme de la loi sur les faillites. Les discussions s’annoncent serrées. Ces derniers mois, Rome projetait de créer une «bad bank» dont les émissions d’obligations garanties par l’Etat auraient permis de racheter aux banques leurs créances douteuses. Le projet a été mis en sommeil, l’Italie craignant qu’il ne contrevienne aux règles de l’Union européenne sur les aides publiques.
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