Le gouvernement français devra donner encore plus de gages à Bruxelles
Le déficit budgétaire français en 2012 est plus élevé que ce qui était prévu par le gouvernement. L’annonce tombe mal alors que celui-ci doit obtenir de Bruxelles un an supplémentaire pour assainir les comptes publics et tenter de préserver la croissance, quasi inexistante.
Selon l’Insee, la dette publique s'élève à 90,2% du PIB et le déficit à 4,8% en 2012. Un chiffre sensiblement supérieur à celui annoncé par le gouvernement. Il avait initialement tablé sur un déficit à 4,5% du PIB en 2012 mais cette promesse est devenue caduque en mars quand Eurostat a décidé de considérer la recapitalisation de Dexia comme une charge, et non comme un investissement, représentant près de 0,1 point de PIB.
Pour justifier le dérapage des comptes publics, le ministre de l’Economie, Pierre Moscovici, et le ministre du Budget, Bernard Cazeneuve, soulignent que le déficit public de 2011 avait été revu à la hausse de 5,2% à 5,3%. Ils invoquent aussi la «dégradation de l’environnement économique en France et en Europe». La croissance française a été nulle en 2012, ce qui s’est fait sentir sur les recettes, notamment celles de la TVA. Toutes confondues, elles ont progressé de 3,9% (contre 5,7% en 2011).
Dans le même temps, les dépenses ont progressé de 2,9% (contre 2,1% en 2011), soit davantage que le PIB en valeur (1,6%). Tirées à la hausse par la recapitalisation de Dexia, elles ont aussi été soutenues par l’augmentation des prestations sociales (+3,5%) et des dépenses de fonctionnement - dont celles liées à l’armée (+2,5%). «Hors événements exceptionnels, la dépense publique a évolué de 0,7% en volume», fait valoir Bercy qui souligne que l’ajustement du solde structurel est en ligne avec les prévisions, à 1,2 point de PIB.
Les années à venir seront donc encore plus difficiles que prévu pour le gouvernement. Il a déjà demandé à la Commission de reporter l’objectif d’un déficit à 3% du PIB, d’un an, à 2014. Le feu vert définitif de Bruxelles ne lui sera donné qu’une fois qu’il aura présenté ses prévisions de croissance et d’ajustement des comptes publics à la mi-avril. Leur indépendance devra être garantie par l’avis du Haut Conseil des Finances Publiques.
Retourner, comme promis, dans les clous du Pacte de Stabilité, sera très compliqué compte tenu de la faiblesse de la croissance. Elle ne devrait être que de 0,1% du PIB cette année, à en croire les estimations de la Commission européenne.
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