Le gouvernement allemand martèle son opposition aux euro-obligations
Le gouvernement allemand s’est exprimé longuement ce week-end afin d’expliquer son refus de l’émission d’euro-obligations. Dans un entretien accordé hier à la chaîne ZDF, Angela Merkel estime que ces instruments qui seraient garantis par tous les membres de la zone euro sont «une mauvaise réponse à la crise du moment» car ceux-ci «nous mèneraient à une union de la dette et non à une union de la stabilité». L’action politique «ne peut pas se contenter de suivre les desiderata des marchés», ajoute la chancelière.
Parmi les autres obstacles à l’émission d’euro-obligations, Angela Merkel a mentionné la lenteur du processus d’amendement des traités européens et la nécessaire modification de la constitution allemande. Pour combattre «à la racine» cette crise de confiance inédite envers les pays de la zone euro, elle estime qu’il n’y a pas d’autre choix que de poursuivre «la tâche extrêmement difficile» d’améliorer la compétitivité et la croissance dans la région.
Le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble a de son côté indiqué au Welt am Sonntag que le coût total pour l’Allemagne d’une telle mesure serait compris entre 20 et 25 milliards d’euros sur 10 ans. Il a «catégoriquement» exclu la sortie de l’euro des pays actuellement en difficulté, car cela «aboutirait à une perte de confiance et d’influence» pour l’ensemble de la région, juge-t-il. Il s’est en revanche déclaré prêt à un transfert de souveraineté nationale à Bruxelles et à l’idée d’un ministre des Finances européen. Mais «la plupart des membres de l’Union européenne» ne sont actuellement pas disposés à accepter cette éventualité, regrette-t-il. Cette idée est également soutenue par Martin Blessing, président du directoire de la Commerzbank.
A ces voix allemandes ont fait écho les déclarations du Premier ministre français, François Fillon, et du président de l’Union, Herman Van Rompuy. Tandis que le premier estime que l’émission d’euro-obligations «accroîtrait le coût du service de la dette française», le second proposera en octobre des pistes «pour améliorer la communication et la gestion de crise au sein de l’Union». A plus court terme, Wolfgang Schäuble doit rencontrer son homologue français, François Baroin, demain matin pour discuter notamment de l’harmonisation de l’impôt sur les sociétés et de l’instauration d’une taxe sur les transactions financières.
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