Le gaz naturel cherche à s’imposer comme énergie globale
Le marché du gaz naturel a longtemps été considéré comme un dérivé de celui du pétrole. En effet, les deux énergies sont souvent produites ensemble, depuis les mêmes puits avec des méthodes d’extraction semblables. Aujourd’hui, le gaz naturel est la 3e énergie primaire mondiale en termes de production (21% de l’énergie mondiale), derrière le pétrole (31%) et le charbon (29%).
Le gaz est présenté comme la plus propre des énergies fossiles et devrait donc, face aux enjeux environnementaux actuels, trouver une place grandissante dans le complexe énergétique mondial. Cependant, malgré son potentiel de croissance, le marché reste fragmenté et de fortes disparités, reflétées par les prix, existent selon les régions.
Aux Etats-Unis, les prix du gaz sont déterminés par le marché en fonction de l’offre et de la demande. A contrario, en Europe ou en Asie, les prix sont encore indexés sur ceux du pétrole ou réglementés par des accords bilatéraux. Le marché américain, premier marché mondial, a connu un profond bouleversement avec le développement du gaz de schiste au milieu des années 2000. La production a augmenté de 40% en dix ans et cette offre nouvelle n’a pu être absorbée que grâce à une forte baisse des prix sur le marché domestique. A présent, les Etats-Unis se tournent vers l’export où de nombreuses opportunités existent notamment en Asie. En effet, depuis dix ans, la consommation de gaz naturel dans cette région a augmenté de 7% par an, contre 2% au niveau mondial, faisant de l’Asie le principal moteur de croissance de ce marché.
Toutefois, le commerce entre les Etats-Unis et l’Asie ne peut s’effectuer que sous forme de gaz naturel liquéfié (GNL). A l'échelle du globe, le GNL représentait plus de 30% des flux de gaz naturel dans le monde en 2014 et sa part ne cesse d’augmenter. En Asie, les importations de GNL atteignent déjà la moitié de la consommation de gaz de la région. Le développement du GNL nécessite des installations dédiées (usines de liquéfaction et de regazéification, méthaniers pour le transport) et prend du temps (environ dix ans pour la mise en place d’un projet).
Certains pays tels que le Qatar ou l’Australie ont déjà réalisé ces investissements et sont des fournisseurs réguliers des pays asiatiques. A moyen terme, l’arrivée des Etats-Unis dans le commerce mondial du gaz devrait permettre d’intégrer et de décloisonner ce marché qui pourra alors devenir global.
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