Le G20 s’approche d’un accord sur la mesure des déséquilibres mondiaux
Les ministres des Finances et les gouverneurs de banques centrales du G20, qui se réuniront à Washington les 14 et 15 avril, pourraient trouver un accord sur des «lignes directrices» pour évaluer les déséquilibres macroéconomiques grâce aux indicateurs retenus à Paris en février (dettes et déficits publics, taux d’épargne et endettement privé, balance courante). «Nous allons nous mettre d’accord sur la manière d’utiliser ces indicateurs. Sur cette base, nous examinerons dans une deuxième phase les causes des déséquilibres», a affirmé hier un officiel français à des journalistes.
Les points de vue se sont rapprochés, mais il reste des désaccords. En l’état, l’évaluation se fonderait à la fois sur des modèles théoriques utilisant les indicateurs et sur une analyse statistique visant à détecter les écarts par rapport à une moyenne historique et aux autres pays. «Au regard de ce faisceau d’indicateurs, on saura quel seuil justifie un examen plus attentif», a précisé la même source. Les pays «systémiques» devront peut-être respecter des critères d’équilibre plus stricts, a ajouté un autre officiel français. Le G20 pourrait bientôt dresser une liste, non publique, de six à sept pays avec des déséquilibres persistants, selon des officiels coréens cités par Bloomberg. L’objectif, in fine, est d’aboutir à un plan d’actions correctrices pour le sommet des chefs d’Etat en novembre.
Comme à Paris, les débats promettent toutefois d’être laborieux, notamment en raison de l’opposition de la Chine. Dans un article publié hier, le vice-ministre des Finances chinois Li Yong a durement critiqué l’orientation des discussions. La question des déséquilibres extérieurs serait, selon lui, «un autre outil, après les taux de change, utilisé par les nations développées comme les Etats-Unis pour contenir le développement économique de la Chine ».
Les participants doivent également aborder les perspectives de l’économie mondiale suite au séisme du 11 mars au Japon et aux révolutions en Afrique du Nord. Et ils poursuivront leurs discussions sur la régulation financière (institutions systémiques, finance parallèle, etc.), la réforme du système monétaire international (droit de tirage spécial, gestion de la liquidité mondiale, encadrement des mesures de contrôle de capitaux), et la régulation des marchés de dérivés de matières premières (limites de positions…). Autant de dossiers où les divergences sont encore très marquées.
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