Le G20 place sept pays sous observation
La Chine a finalement cédé. A l’occasion de la réunion du G20 qui s’est terminée ce week-end à Washington, l’Empire du Milieu a en effet accepté le principe d’une surveillance particulière des pays dont les déséquilibres économiques pourraient présenter un risque systémique pour l’ensemble de la planète. Outre la Chine, figurent également dans ce groupe les États-Unis, la France, l’Allemagne, le Japon, le Royaume-Uni et l’Inde. La satisfaction est grande du coté du gouvernement français, à l’origine de ce projet.
En novembre dernier, Nicolas Sarkozy avait affiché de grandes ambitions pour la présidence française du G20 en lançant les chantiers de la réforme du système monétaire international, une régulation des marchés des matières premières et une réforme de la gouvernance mondiale. L’accord signé à Washington par les puissances du G20 se résume essentiellement à l’adoption d’une méthodologie de détection de dérives de politiques économiques nationales. Ces nouveaux outils de surveillance ne constituent «qu’une première marche» a expliqué Christine Lagarde. Sur les autres sujets, en particulier sur la régulation des marchés dérivés des matières premières ou la surveillance des flux financiers mondiaux, la ministre française a affirmé que les travaux avançaient et que des mesures seraient probablement prises lors du prochain G20.
Concrètement, cette méthodologie s’appuie sur trois indicateurs permettant de suivre l’évolution de chaque pays en matière de dette et de déficits publics, d’épargne privée et d’emprunts, de balances commerciales et d’autres composantes de la balance des paiements. De multiples paramétrages permettront de juger des déséquilibres de chaque économie en fonction de son propre modèle de développement et en se basant sur une période de référence s’étendant de 1990 et 2004. Objectif évident de cette alchimie : disposer de données «objectives» pour mettre en exergue certains risques systémiques comme la dette américaine ou la balance commerciale chinoise.
Déjà présentée en février par les équipes de Bercy lors de la dernière réunion du G20, cette proposition de cadre de surveillance était déjà connue. En revanche, son adoption apparaissait quasi-impossible par l’attitude hostile de la Chine. En début de semaine, le vice-ministre chinois des finances Li Yong avait encore déclaré queces indicateurs étaient «un nouvel outil politique des États-Unis et des pays développés destiné à brider la croissance économique chinoise».
Les raisons de ce retournement ? «La Chine savait qu’elle ne pourrait pas jouer le mauvais élève indéfiniment» a expliqué en coulisse un négociateur. De fait, tout semble avoir étéfait pour ménager la successibilité chinoise. En n’intégrant pas par exemple les monnaies et les réserves dans les indicateurs.
De leur coté, les États-Unis ont fait preuve d’une rare humilité pendant toute la semaine en reconnaissant avec grâce les critiques du FMI sur leur endettement record. «C'était une réunion du G20 très apaisée, très constructive», a expliqué le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer. Christine Lagarde a même refusé de nommer les sept pays placés ainsi sous surveillance en se contentant d’indiquer qu’il s’agissait des pays dont le PIB était supérieur à 5% du PIB de l’ensemble du PIB du G20.
Plus d'articles du même thème
-
Petit à petit, la taxonomie européenne fait son nid au cœur des entreprises
KMPG avance que le seuil des 1.000 milliards d’euros d’investissements alignés a été franchi l’an dernier, dans un contexte réglementaire mouvant. -
Axa veut passer à l’échelle dans l’IA
Parmi les objectifs du prochain plan stratégique 2027-2029 baptisé Growing forward, le déploiement massif de l’IA figure en bonne place. Les enjeux liés sont élevés, autant que les espoirs de l’assureur qui compte sur une mécanique d’industrialisation bien précise pour conquérir de nouvelles parts de marché. -
Plus de 135.000 personnes possèdent au moins un million de dollars en cryptomonnaies
Le cabinet Henley & Partners révèle que le nombre de détenteurs d'actifs numériques atteint un record de 742 millions d’utilisateurs. Parmi eux, 135.694 personnes possèdent au moins un million de dollars en cryptomonnaies, avec une prédominance du Bitcoin. -
Les marchés actions semblent insensibles à la hausse des taux
Les taux longs poursuivent leur ascension, atteignant des seuils psychologiques inédits depuis plusieurs décennies. Pourtant, les actions, qui sont généralement sensibles à ces mouvements, restent proches de leurs plus hauts, à quelques exceptions près. La croissance prime sur le reste. -
La Banque de France relativise le décrochage de l’économie française
Loin de la présentation alarmante de l’Insee, les projections macroéconomiques de la banque centrale insistent plutôt sur la résilience de l’économie française qui connaît un passage difficile en 2026 mais devrait rebondir l’année prochaine. -
Anthropic veut s’imposer auprès des conseillers financiers avec Claude
Un ensemble d’outils a été conçu pour aider les sociétés de services financiers à préparer leurs réunions avec les clients, examiner les portefeuilles et effectuer le suivi des allocations.
ETF à la Une
La majorité des investisseurs professionnels sont prêts à basculer leurs encours vers des ETF actifs
Contenu de nos partenaires
-
« Un mauvais coup du Premier ministre » : où est passé le projet de loi sur les polices municipales ?
Le texte visant à élargir les pouvoirs des policiers municipaux patiente avant son inscription à l’Assemblée nationale. Le gouvernement reste muet malgré l’impatience du Sénat et des élus locaux. -
PromptitudeIA : l’Europe joue sa survie
Le retard européen est d’autant plus alarmant que l’intelligence artificielle est aussi stratégique – et potentiellement dévastatrice – que l’arme atomique hier -
Changement d'èreDéfense : le gouvernement vise 100 000 recrutements d'ici 2030, sur fond de déclin de l'automobile
L’exécutif souhaite développer le taux d’emploi dans la défense, porté par la nouvelle donne géopolitique. Énième reflet des mutations du tissu industriel tricolore, sur fond de déclin de l'industrie automobile