Le franc suisse n’a plus de potentiel d’appréciation
La crise de la dette périphérique a indiscutablement profité au franc suisse. La corrélation entre la devise et l’ensemble des dettes périphériques est extrêmement forte (voir graphique). Depuis début 2010, lorsque le dossier grec a commencé à inquiéter les marchés, la devise suisse a gagné plus de 22% par rapport au dollar et près de 24% par rapport à l’euro. Mais le potentiel d’appréciation du franc suisse semble à présent limité. «Notre prévision d’un resserrement des spreads des marchés de la dette périphérique de la zone euro au second semestre fera disparaître l’enthousiasme actuel» (en faveur du franc suisse), avance Adam Myers, stratégiste change chez Crédit Agricole CIB. Le franc suisse pourrait aussi stopper son ascension face au dollar en cas d’aggravation de la crise. Dans une telle hypothèse, le dollar serait privilégié comme valeur refuge compte tenu de la profondeur de son marché et de sa liquidité, ajoute le spécialiste.
Par ailleurs, un ralentissement de l'économie, en particulier allemande, pourrait peser sur l’activité suisse, et, «dans ces conditions, la tolérance de la Banque nationale suisse pour le niveau exceptionnellement élevé du franc suisse pourrait diminuer», expliquent les stratégistes de BNP Paribas.
Les stratégistes de SG CIB tablent plutôt sur un maintien du franc suisse à un niveau relativement élevé. L’euro/franc suisse ressortirait d’après eux à 1,25 à la fin de l’année, contre 1,20 hier. A la suite de la crise financière, les banques domestiques doivent diminuer leur exposition aux actifs en dollar au profit de ceux libellés en francs suisses, expliquent-ils. Le pays va aussi continuer de profiter des flux en provenance des clientèles fortunés des pays émergents, à la recherche d’un environnement fiscal avantageux et de conditions réglementaires stables.
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