Le franc suisse et le yen jouent à plein leur rôle de monnaie refuge
La monnaie suisse a atteint un plus haut hier à 1.0985 contre euro, alors que le yen a presque retrouvé ses plus hauts de mars à 76,29 contre dollar
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Patrick Aussannaire
En pleine crise de la dette souveraine en zone euro et en pleine crise de confiance sur l’économie américaine, le franc suisse et le yen s’envolent vers des records historiques. Hier matin, le franc s'échangeait à 1,0985 contre euro au cours interbancaire moyen, soit sa plus faible valeur historique. La monnaie a également poursuivi son appréciation contre dollar à 0,7723 ainsi que contre la livre sterling avec un plus haut atteint hier à 1,2577. En un mois, le franc suisse s’est apprécié de 10% contre la monnaie européenne et de 8% contre le billet vert.
Une situation qui a provoqué dans le pays une vague de pressions de politiciens, de groupes industriels et de syndicats afin de mettre en œuvre des mesures destinées à fixer une parité de la monnaie suisse contre euro, à contrôler les entrées de capitaux et à créer un fonds étatique spécial servant à financer les achats de devises. Le directeur général de Swatch, Nick Hayek, a estimé la semaine dernière que la «surévaluation» du franc avait coûté 387 millions de francs au groupe cette année.
La banque centrale suisse (BNS) subit des pressions croissantes afin qu’elle agisse sur le marché des changes. Mais l’expérience de juin 2010 l’a échaudée. Craignant le spectre de la déflation, elle avait en effet tenté en vain d’enrayer la hausse du franc en vendant massivement sa devise, au prix des plus lourdes pertes de son histoire (environ 8,5 milliards).
Parallèlement, le yen a également joué le rôle de valeur refuge sur le marché des changes, retrouvant hier, à 76,29 contre dollar, un niveau très proche de celui de 76,25 atteint en mars et qui avait nécessité l’intervention des autorités. D’ailleurs, le ministre des Finances japonais, Yoshihiko Noda, a indiqué hier que le yen était surévalué et qu’il suivrait l’évolution des changes de manière «très attentive». De quoi relancer les anticipations d’une nouvelle intervention des autorités à l’aube de la réunion de la Banque du Japon jeudi et vendredi prochains.
Mais les économistes doutent de l’efficacité des interventions de la BNS et la BoJ. Jane Foley, cambiste à la Rabobank, estime que «compte tenu de leur rôle de valeur refuge et du surplus de leur balance des comptes courants, il est inévitable que le yen et le franc s’apprécient quand les investisseurs craignent pour la croissance mondiale.»
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