Le franc suisse et le yen jouent à plein leur rôle de monnaie refuge
En pleine crise de la dette souveraine en zone euro et en pleine crise de confiance sur l’économie américaine, le franc suisse et le yen s’envolent vers des records historiques. Hier matin, le franc s'échangeait à 1,0985 contre euro au cours interbancaire moyen, soit sa plus faible valeur historique. La monnaie a également poursuivi son appréciation contre dollar à 0,7723 ainsi que contre la livre sterling avec un plus haut atteint hier à 1,2577. En un mois, le franc suisse s’est apprécié de 10% contre la monnaie européenne et de 8% contre le billet vert.
Une situation qui a provoqué dans le pays une vague de pressions de politiciens, de groupes industriels et de syndicats afin de mettre en œuvre des mesures destinées à fixer une parité de la monnaie suisse contre euro, à contrôler les entrées de capitaux et à créer un fonds étatique spécial servant à financer les achats de devises. Le directeur général de Swatch, Nick Hayek, a estimé la semaine dernière que la «surévaluation» du franc avait coûté 387 millions de francs au groupe cette année.
La banque centrale suisse (BNS) subit des pressions croissantes afin qu’elle agisse sur le marché des changes. Mais l’expérience de juin 2010 l’a échaudée. Craignant le spectre de la déflation, elle avait en effet tenté en vain d’enrayer la hausse du franc en vendant massivement sa devise, au prix des plus lourdes pertes de son histoire (environ 8,5 milliards).
Parallèlement, le yen a également joué le rôle de valeur refuge sur le marché des changes, retrouvant hier, à 76,29 contre dollar, un niveau très proche de celui de 76,25 atteint en mars et qui avait nécessité l’intervention des autorités. D’ailleurs, le ministre des Finances japonais, Yoshihiko Noda, a indiqué hier que le yen était surévalué et qu’il suivrait l’évolution des changes de manière «très attentive». De quoi relancer les anticipations d’une nouvelle intervention des autorités à l’aube de la réunion de la Banque du Japon jeudi et vendredi prochains.
Mais les économistes doutent de l’efficacité des interventions de la BNS et la BoJ. Jane Foley, cambiste à la Rabobank, estime que «compte tenu de leur rôle de valeur refuge et du surplus de leur balance des comptes courants, il est inévitable que le yen et le franc s’apprécient quand les investisseurs craignent pour la croissance mondiale.»
Plus d'articles du même thème
-
Qiddiya s'engage à investir 6 milliards d’euros en France pour développer des parcs à thèmes
La France et l’Arabie saoudite ont signé un protocole d’accord pour la construction et le développement de plusieurs parcs d’attractions en Île-de-France. -
Le tiers payant, un terrain de jeu pour les fintechs
Marché très concentré et particulièrement exposé aux cyberattaques, le tiers payant intéresse de plus en plus les fintechs qui tentent de se positionner en tant que partenaires technologiques fiables. -
Le fonds de pension suédois AP3 voit ses encours grossir de plus de moitié
L'un des trois fonds de pension publics suédois en charge du système de pension pour les retraités suédois a publié des résultats financiers en hausse au premier semestre 2026. -
Les fonds de private equity hexagonaux misent sur le « Made in France »
Près de la moitié de la valeur des participations détenues dans l’Hexagone est aux mains d’investisseurs domestiques, un niveau parmi les plus élevés du continent. -
Volkswagen poursuit son poker menteur sur l’avenir de son outil industriel
Le premier constructeur automobile allemand cherche à adapter son profil de production pour redevenir compétitif. Syndicats, actionnaires et direction rivalisent de projets quant à l’ampleur des suppressions d’emplois à consentir. Avec la question sous-jacente des fermetures d’usines en Allemagne. -
Les banques ont largement participé à la réouverture du marché du crédit en euros
Les banques européennes ont constitué le secteur le plus actif sur le marché primaire du crédit en août, avec 43 émissions en euros (hors banques publiques) pour près de 32 milliards en moins d’un mois. Certains craignent une indigestion des investisseurs, mais les besoins de financement pour le second semestre sont limités, et les spreads globalement stables malgré le contexte.
ETF à la Une
Laiqon propose une gestion de fonds assistée par l’IA dans un ETF
- L'éligibilité des ETF synthétiques au PEA est dans le viseur de Bercy
- Le projet de la SEC de supprimer la règle du « meilleur prix » met les investisseurs vent debout
- Vanguard sort trois fonds Ucits actions mondiales
- Laiqon propose une gestion de fonds assistée par l’IA dans un ETF
- Wall Street ouvre la porte vers les ETF sur les humanoïdes chinois
Contenu de nos partenaires
-
CoulissesPrésidentielle : le plan de bataille du Medef
L'organisation patronale déploie une nouvelle stratégie pour imposer son agenda aux candidats à la présidentielle et asseoir son influence sur le débat public -
Message personnel« On se retournait, il était là » : l’hommage d’Emmanuel Macron à François Patriat
En saluant la fidélité de ce macroniste des origines, Emmanuel Macron souligne l'ingratitude de ceux de son camp qui veulent lui succéder à l'Elysée -
EditorialChefs d'entreprise, enrichissez-vous !
Tous partagent l'idée qu'il suffit d'aligner les promesses pour réguler l'économie par le haut