Le FMI veut repenser les restructurations de dette souveraine des économies avancées
A l’occasion des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, qui se sont tenues de vendredi à dimanche, Christine Lagarde a prononcé un discours remarqué sur les dettes publiques des économies avancées. Notant qu’elles s'étaient «considérablement alourdies à l’occasion des différents plans de relance mis en oeuvre au cours de l’année 2009 en particulier» pour atteindre actuellement un taux moyen de 110% du PIB, selon des propos rapportés par l’AFP, la directrice générale du FMI estime qu’il «va falloir repenser un certain nombre d'éléments».
Christine Lagarde souligne «des aspects à la fois purement économiques, purement financiers et aussi des aspects juridiques». La responsable rappelle notamment le casse-tête du cas grec, avec des dettes soumises au droit local et d’autres soumises à des droits étrangers, ainsi que les litiges autour de la dette argentine. Elle écarte en tout cas toute restructuration généralisée des dettes des pays riches. Cette «question du sort des vieilles dettes est une question extrêmement épineuse et fort compliquée à résoudre», reconnaît-elle. C’est «un problème dur, dont les économies avancées vont subir les conséquences».
Dans un rapport publié le 24 mai dernier, le FMI montrait déjà sa volonté d’adopter une nouvelle approche pour traiter les restructurations de dette souveraine. Il plaidait ainsi pour une accélération du processus, pour une meilleure coordination avec les autres prêteurs internationaux et les banques centrales et s’interogeait sur la possibilité de mettre en place des clauses d’agrégation dans les obligations ou de seuils de participation élevés plutôt que de recourir aux clauses d’actions collectives (CAC).
Toujours dans le cadre des Rencontres d’Aix, Christine Lagarde a par ailleurs indiqué que le FMI pourrait abaisser «légèrement» cette semaine ses prévisions économiques mondiales pour cette année. Le Fonds a abaissé une première fois ses prévisions de croissance mondiale en avril, pour les ramener à 3,3%, alors qu’il tablait en janvier sur une hausse de 3,5%. Christine Lagarde met surtout accent sur les évolutions à l’oeuvre dans les pays émergents, et non pays dans les pays développés ou les pays pauvres, pour justifier cette correction.
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