Le FMI promet une récession longue à la zone euro
Le Fonds monétaire international finira par tomber juste. Pour la quatrième fois d’affilée, l’institution a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour 2013. Le FMI, qui tient ses traditionnelles réunions de printemps à Washington du 19 au 21 avril, attend 3,3% de croissance mondiale cette année, soit 0,2 point de moins qu’en janvier, et 4% en 2014, une perspective inchangée. La faute à une zone euro engluée dans une récession longue.
Après une baisse de 0,6% de son PIB en 2012, la région devrait connaître une nouvelle contraction cette année, de 0,3%. Alors que l’Allemagne n’afficherait qu’une modeste hausse de 0,6%, le FMI prend à rebours la prévision officielle du gouvernement français pour se rapprocher du consensus des économistes et prédire une contraction de 0,1% en France en 2013. A 0,9% en 2014, le rebond resterait éloigné des espoirs de Bercy (+1,2%). L’appréciation du Fonds monétaire fait écho aux critiques adressées hier en termes diplomatiques au gouvernement français par le nouveau Haut conseil des finances publiques. En Italie et en Espagne, la contraction du PIB serait de 1,5% et 1,6% respectivement.
«Dans la zone euro, la reprise devrait être plus faible que prévu en raison de la fatigue liée à l’ajustement, de la faiblesse des bilans, de canaux du crédit cassés dans la périphérie, et de progrès insuffisants vers une union économique et monétaire plus forte», souligne le FMI. Son chef économiste, Olivier Blanchard, pointe aussi du doigt la faiblesse de l’Allemagne et surtout de la France, où la contraction de 2013 reflète «un mélange de consolidation budgétaire, de faiblesse des exportations et de bas niveau de confiance». L’économiste estime que «cela pourrait remettre en question la capacité du cœur de la zone euro à aider la périphérie, le cas échéant et le moment voulu».
En termes de politiques à mener, le FMI s’en remet à la poursuite de l’assouplissement monétaire de la BCE. «Les taux d’intérêt que paient les emprunteurs dans les pays périphériques sont encore trop élevés, et il y a un besoin de mesures nouvelles et urgentes pour recapitaliser les banques sans affaiblir le souverain».
Enfin, le FMI lance un appel du pied à Berlin. «La faiblesse de la demande privée suggère que les pays en ayant les moyens laissent jouer les stabilisateurs automatiques, et que ceux qui ont des marges budgétaires aillent même au-delà», écrit Olivier Blanchard.
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