Le FMI pourrait relâcher ses exigences vis-à-vis de la dette grecque
Les ministres des Finances de la zone euro se retrouvent de nouveau aujourd’hui pour tenter de trouver un accord sur la Grèce. Ils ont tenu samedi une conférence téléphonique afin de préparer cette réunion. La semaine dernière, ils n’avaient pas réussi à s’entendre sur les moyens de financer le report du programme de redressement budgétaire du pays et de rendre sa dette soutenable. Le Fonds monétaire international (FMI) serait prêt à faire des concessions.
Le ministre grec des Finances, Yannis Stournaras, a assuré vendredi que le FMI était sur le point d’accepter de fixer l’objectif de dette à 124% du PIB en 2020 et non plus à 120%. Sachant que les ministres des Finances de la zone euro se seraient déjà entendus pour ramener la dette à 130% du PIB en 2020 (contre 176,4% en 2012 selon les projections de la Commission), «cela laisse un trou de 5 à 6 points de PIB à combler, environ 10 milliards d’euros», a déclaré le ministre.
Selon une source proche des négociations citée par Reuters, le FMI accepterait bien de revoir à la baisse ses exigences mais ce chiffre de 10 milliards d’euros est «trop optimiste». Plusieurs options sont sur la table pour aider la Grèce à faire face à ses engagements. Le pays est à la fois censé ramener sa dette à un niveau soutenable d’ici à 2020 et financer le report de l’objectif d’excédent primaire de 4,5% du PIB de 2014 à 2016.
La Banque centrale européenne (BCE) pourrait renoncer à ses profits sur les obligations grecques. Les taux des prêts bilatéraux à la Grèce, aujourd’hui fixés à 150 points de base au-dessus de l’Euribor trois mois pourraient être abaissés. La Grèce pourrait encore voir étendre la maturité de ses prêts ou utiliser 10 milliards d’euros pour racheter de la dette à un prix décoté (à 30 ou 35% du pair). La chancelière Angela Merkel a, pour sa part, écarté vendredi la possibilité d’un nouvel effacement de la dette et affirmé qu’un accord serait possible sans cela. Position similaire pour Jörg Asmussen, membre du directoire de la BCE, qui a confié à Bild qu’une décote n'était pas à l’ordre du jour.
Si les ministres des Finances parviennent à trouver un terrain d’entente sur ces montages financiers, la Grèce devrait recevoir ses enveloppes d’aide prévues pour 2012 (jusqu’à 44 milliards d’euros). Le problème grec sera loin d’être résolu pour autant. Pour les économistes de Citi, les hypothèses de croissance retenues par la Troïka restent trop optimistes, «la dette grecque devrait rester insoutenable après cette nouvelle série de négociations» et il y a «60% de chance que la Grèce sorte de la zone euro dans les 12 à 18 mois».
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