Le FMI pourrait plaider pour un allongement de la dette des pays en difficultés financières

Le Fonds passe en revue sa doctrine en matière de restructurations de dette alors que celles-ci se sont souvent révélées inefficaces
Solenn Poullennec

Le Fonds monétaire international (FMI) réfléchit à modifier ses règles d’intervention dans les pays en difficultés financières. Il pourrait ainsi n’accorder d’aides qu’en échange d’un rallongement de la maturité de la dette souveraine du pays en question, selon le Financial Times. Le journal cite des banquiers consultés par le FMI et des «personnes proches du comité de direction», alors que celui-ci a tenu une réunion la semaine dernière sur la question.

Plutôt que d’offrir directement son soutien financier à un pays ou de forcer à la restructuration de sa dette, le FMI pourrait proposer d’allonger la maturité de sa dette le temps de son programme d’intervention. Le coupon et le principal resteraient intacts. Selon le FT, le fonds ne devrait pas trancher sur cette proposition avant la fin de l’année. Elle s’inscrit dans la réflexion ouverte par le Fonds l’année dernière pour mettre à jour sa doctrine sur les restructurations de dette souveraine. Celle-ci n’avait pas été passée en revue depuis 2005.

Après avoir expérimenté la restructuration de la dette grecque en février 2012, soit la plus grosse restructuration de dette souveraine de l’histoire, le FMI avait identifié plusieurs pistes de travail dans un rapport publié en mai 2013. Il considérait notamment que les restructurations souvent «trop petites et trop tardives» échouent à restaurer durablement la soutenabilité de la dette et l’accès au marché des pays concernés.

Le fonds n’est censé offrir une assistance financière que lorsqu’il existe une probabilité élevée que la dette du pays soit soutenable. Or, l’«analyse de la soutenabilité de la dette du pays et de son accès au marché a parfois pu être trop optimiste», notait-il dans son rapport de mai 2013. En cas de doute sur la soutenabilité de la dette, le fonds pourrait à l’avenir demander aux créanciers privés un allongement de celle-ci, avant d’intervenir, selon le FT. Le FMI s’inspirerait ainsi de l’échange volontaire de dette expérimenté en Uruguay en 2003.

Toujours d’après le FT, le dernier rapport sur les restructurations de dette a été bien reçu mais plusieurs pays membres voudraient voir disparaître l’«exemption systémique» qui permet au FMI de passer outre son analyse de la soutenabilité de la dette pour aider un pays en cas de risque de crise systémique. Ils la jugent trop large et injuste car elle bénéficie seulement aux grands pays.

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