Le financement de Cœur Défense rouvre le marché français du CMBS
Le marché français des titrisations adossées à des prêts immobiliers (CMBS) a rouvert après sept ans de calme plat. Ironie de l’histoire, c’est l’immeuble Cœur Défense, à l’origine de la dernière transaction réalisée en 2007, qui a justifié l’émission de 410 millions d’euros réalisée fin août.
En mars dernier, le fonds immobilier Lone Star a pris le contrôle du complexe immobilier basé à La Défense qui avait été acheté par Lehman Brothers en 2007. L’opération de Lone Star a pu être réalisée grâce à un financement de 935 millions d’euros de Bank of America Merrill Lynch (BAML), structuré en deux tranches. Après des cessions à Axa et à une poignée d’investisseurs, restait à refinancer une partie de la dette senior. Ce qui a été fait avec l’émission de CMBS cet été.
Pour réussir la transaction, l’arrangeur, BAML, a dû vaincre les réticences d’investisseurs. Après la chute de Lehman Brothers, les propriétaires de l’immeuble Cœur Défense avaient eu recours à la procédure de sauvegarde au grand dam de créanciers, mais pour le bonheur des avocats qui ont bataillé des années devant les tribunaux pour trancher ce conflit. BAML, conseillé par le cabinet d’avocats Clifford Chance, a donc mis en place un mécanisme de double garantie. La banque a utilisé une «double Luxco» qui consiste à passer par des holdings luxembourgeoises pour empêcher la mise en sauvegarde de la société française détenue. L’arrangeur a aussi proposé aux investisseurs une «golden share» permettant de contrer toute sauvegarde.
L’émission de CMBS, placée de façon privée auprès de trois investisseurs, était constituée de deux tranches non notées. La première, de 328 millions d’euros, a été placée avec une marge de 185 pb au-dessus de l’Euribor 3 mois. La deuxième, de 82 millions d’euros, a bénéficié d’une marge de 350 pb.
«Suite au placement de l’opération, nous avons eu un certain nombre d’appels d’investisseurs internationaux qui nous ont dit qu’ils auraient acheté ce deal», assure Grégory Clerc, responsable de la distribution de la dette immobilière EMEA chez BAML. «Nous sommes assez positifs sur le marché français», dit-il.
Le développement du marché «est aussi une question de compétitivité de la titrisation par rapport à des solutions alternatives comme les prêts bancaires, les investissements des assureurs, etc.», souligne cependant Nathalie Esnault, managing director en charge de la titrisation chez Crédit Agricole CIB. Cette dernière n’attend pas de retour en force du marché.
{"title":"","image":"81384»,"legend":"Titrisation 03-09»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
La BCE suit la boussole des marchés
La banque centrale joue la montre avant une très probable hausse de taux en septembre, le temps d’avoir les données pour la justifier. Le Conseil des gouverneurs donne cependant l’impression de se satisfaire de voir les marchés anticiper, voire guider ses décisions. Malgré des taux à 10 ans au plus haut depuis longtemps. -
La gestion d'actifs sauve tout juste les résultats de Lazard
La banque d’affaires cotée à New York a vu son bénéfice fondre de 90% au deuxième trimestre, sous l'effet d'un taux d'impôt exceptionnellement élevé et de charges liées au rachat en cours de Campbell Lutyens. -
Les banques acceptent les conditions de Casino pour soutenir sa restructuration
Elles ont accepté de mettre en œuvre la restructuration financière privilégiée par le distributeur même en cas d’opposition des autres créanciers. Les incertitudes juridiques sur le dossier restent élevées. -
La guerre au Moyen-Orient contraint la France à changer de fournisseurs de pétrole
Brut ou raffiné, le pétrole importé du Moyen-Orient s’est tari avec la guerre contre l’Iran, contraignant la France à en acheter davantage aux Etats-Unis et au Kazakhstan, mais aussi au Nigeria, à la Norvège ou à Israël. -
Valeo va rembourser par anticipation ses obligations à échéance 2027
Le montant nominal en circulation de ces obligations est de 750 millions d'euros. -
La place de Paris peine à trouver des pistes pour encadrer les organisations de la finance décentralisée
Le Haut Comité juridique de la place financière de Paris a publié un rapport mercredi 22 juillet pour donner ses premières propositions concernant un éventuel cadre juridique pour les organisations autonomes décentralisées sur la blockchain.
ETF à la Une
T. Rowe Price lance un ETF multi-crypto à gestion active
- Arnaud Jacquemin et Gaëlle Duclos (Société Générale Securities Services) : « La taille n’est qu’une dimension de notre compétitivité »
- Mirova négocie la cession de son pôle private equity à Jolt Capital
- Amundi va générer une plus-value de 300 millions d'euros avec l'IPO de SBI FM
- Fabrice Kremer va succéder à Guy Wagner en tant que directeur des investissements de BLI
- Echiquier Gestion Privée mise sur l'architecture ouverte pour séduire de nouveaux clients
Contenu de nos partenaires
-
L'art de perdre« Si on double le score d’Hidalgo, ce sera un exploit » : comment toute la gauche hors LFI a intégré sa défaite en 2027
Plus que la présidentielle, jugée perdue d’avance, ce sont les législatives, voire les régionales de 2028, qui préoccupent des formations de gauche et écologistes passées en mode survie -
Fin de sessionLFI : à l'Assemblée, la stratégie de la terre brûlée
A mesure que le RN s'associe au gouvernement, LFI se construit en adversaire résolu. Dans l'hémicycle, chaque défaite est pensée comme une victoire politique au service de la campagne de Jean-Luc Mélenchon -
EditorialMeurtre à Crépol : regarder en face le « racisme anti-blanc »
Il ne faut pas se laisser piéger par les communautaristes patentés qui prônent une hiérarchie dans la haine raciale, ni par la clique sociologisante qui réfute ce racisme appliqué aux Blancs au prétexte qu'il ne relèverait pas d'une oppression systémique