Le FESF et le MES pourraient intervenir sur le marché primaire de la dette

Le Conseil européen insiste sur les conditions que les Etats devront respecter pour que la BCE, qui jouera le rôle d’agent, intervienne
Violaine Le Gall

Les membres de l’Union européenne ont relancé l’idée que les structures créées pour assurer la stabilité financière interviennent sur le marché de la dette souveraine des Etats en difficulté. Réunis en Conseil en fin de semaine dernière, ils ont affirmé leur «ferme détermination à faire ce qui est nécessaire pour assurer la stabilité financière de la zone euro, notamment en ayant recours aux instruments existants du FESF/MES», dans un communiqué. Certains Etats préconisent une intervention ciblée sur le marché primaire. Les statuts du Fonds européen de stabilité financière et du Mécanisme européen de stabilité prévoient déjà de telles interventions. Le rôle de la BCE pour ces opérations avait lui aussi déjà été mentionné.

Mais le Conseil européen a insisté le 29 juin sur les règles du jeu qui s’appliqueraient. Il souligne que les interventions seront réservées aux «États membres qui respectent leurs recommandations par pays et leurs autres engagements, y compris leurs calendriers respectifs, dans le cadre du semestre européen, du pacte de stabilité et de croissance et de la procédure concernant les déséquilibres macroéconomiques». Un mémorandum d’accord devra être signé par l’Etat aidé, mais celui-ci ne sera pas soumis aux inspections d’une Troïka. Ces conditions ne sont pas différentes des exigences minimum déjà inscrites dans les principes pour l’intervention directe du FESF, rappellent les économistes de Deutsche Bank.

L’objectif est de concrétiser la proposition dès le 9 juillet. Les interventions se feront «de manière souple et efficace». Souple signifie «sans automaticité et sans objectifs» et efficace signifie «modeste», d’après Paul Mortimer-Lee, chef économistes de marché de BNP Paribas, qui estime que l’effet serait plus important en cas d’achat de dette lors des adjudications sur le marché primaire.

L’efficacité des éventuelles interventions du MES et du FESF laisse tout de même les économistes sceptiques. Ceux de RBS rappellent que l’enveloppe de 500 milliards d’euros du MES équivaut à 20% des dettes souveraines italiennes et espagnoles, ce qui limite l’impact positif que les interventions peuvent avoir. «Comme pour les mesures précédentes, la mise en œuvre représentera un défi à moyen terme, après un probable rally des marchés à court terme», estiment-ils.

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