Le dynamisme de l’emploi américain devrait pousser la Fed à agir
Quelque 195.000 postes ont été pourvus en juin. Les économistes attendent une baisse des rachats d’actifs par la Fed dès septembre
Publié le
Solenn Poullennec
Le marché de l’emploi américain s’est montré plus dynamique que prévu en juin. Non seulement le taux de chômage se stabilise, mais le taux de participation a augmenté légèrement. Ces chiffres confortent les attentes d’un ralentissement prochain du programme d’assouplissement quantitatif de la Réserve Fédérale. Celle-ci pourrait lever le pied dès le mois de septembre.
Selon le bureau du travail américain, 195.000 postes non-agricoles ont trouvé preneurs grâce au dynamisme du secteur privé au mois de juin dernier. Le consensus des économistes sondés par Bloomberg tablait plutôt sur 165.000 postes. Les révisions des chiffres de l’emploi en avril et mai sont aussi réconfortantes, avec 70.000 postes de plus que prévu. Le taux de chômage est resté stable à 7,6% mais le taux de participation a très légèrement progressé à 63,5%. «De plus en plus de travailleurs frustrés qui avaient arrêté de chercher un travail sont en train de revenir sur le marché en voyant que les perspectives d’emploi augmentent», assure Harm Bandholz, chef économiste chez UniCredit.
Selon lui, ces données «signifient que le ralentissement du programme de rachat d’actifs de la Réserve fédérale est pour bientôt». Il s’attend à ce que la banque centrale commence à réduire l’assouplissement quantitatif (QE) dès septembre. Un avis partagé par Michael Gapen chez Barclays et Julia Coronado chez BNP Paribas CIB. Celle-ci estime que «la Fed a fixé la barre assez bas pour ralentir ses achats d’actifs». Les marchés ont en tout cas immédiatement réagi aux bons chiffres de l’emploi. Les taux à 5 et 10 ans se sont tendus de près de 14 points de base pour atteindre respectivement 1,59% et 2,71%. Le dollar se renforçait dans le même temps face à toutes les grandes devises. L’euro/dollar tombait à 1,28.
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