«Le dollar devrait se raffermir dans les prochains mois»
Nordine Naam, stratégiste taux et change chez Natixis
Publié le
Solenn Poullennec
L’Agefi : Comment peut-on expliquer la faiblesse persistante du dollar?
Nordine Naam : Depuis le début de l’année, le dollar a continué de décevoir malgré le «tapering» de la Fed et la nette amélioration du marché de l’emploi (214.000 par mois en moyenne). Cela tient au fait que la Fed a renforcé sa «forward guidance» récemment. Elle ne tient plus simplement compte du taux de chômage, mais d’un ensemble d’indicateurs dont l’évolution des salaires et du taux de participation. Or ces derniers n’ont pas montré d’amélioration notable, ce qui entretient le fait que la Fed conservera une politique monétaire accommodante tant qu’il le faudra, comme l’a encore souligné sa patronne Janet Yellen. Nous pensons toutefois que le dollar devrait finir par se raffermir dans les prochains mois avec l’accélération anticipée de la croissance américaine après le trou d’air du premier trimestre.
La BCE peut-elle compter sur la fin du «tapering» pour voir l’euro baisser?
Depuis plusieurs mois, la BCE cherche à gagner du temps en attendant que le dollar commence à se redresser en réaction à une politique monétaire américaine moins accommodante. Pour l’heure, le dollar n’a cependant pas réussi à capitaliser sur la nette amélioration de l’emploi et la diminution des achats d’actifs de la Fed. On peut toutefois penser que lorsque la Fed aura terminé son «tapering» en octobre prochain, le dollar sera plus fort, sachant que la Fed ne pourra pas tenir durablement un discours accommodant si, en parallèle, tous les indicateurs s’améliorent. Mais sur le court terme, il est peu probable que la BCE tienne en haleine les marchés encore longtemps sans passer à l’action si elle veut éviter que l’euro/dollar ne passe au-dessus de 1,40.
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