Le dollar australien subit une forte chute de son attractivité internationale
La composition des réserves de change en devises étrangères (COFER) au premier trimestre publiée par le FMI réserve une surprise de taille. Les dollars australien et canadien signent en effet une entrée fracassante dans la grille de l’institution. Certes, le billet vert concentre toujours la majeure partie des réserves internationales à hauteur de 62,2%, suivi par l’euro (23,7%), dont le poids s’est néanmoins érodé sur le trimestre.
Cependant, le poids des devises australienne et canadienne s’est renforcé à 1,6% chacune, après 1,48% au trimestre précédent, soit un peu moins de la moitié des réserves en yen (3,9%) et livre sterling (3,9%), mais loin devant celui du franc suisse qui ne concentre plus que 0,3% des réserves internationales en devises étrangères.
Une évolution portée par l’attractivité des rendements offerts par les obligations australiennes et canadiennes, qui bénéficient en outre d’une qualité de crédit maximale, puisque les deux nations sont notées AAA. Ajustés des variations de change et de portefeuille, les banques centrales se sont ainsi portés acquéreur de quelque 6,8 milliards de dollars australiens et de 5,8 milliards de dollars canadiens. Les détentions totales pour ces deux devises atteignaient ainsi respectivement 98,7 et 94,9 milliards de dollars à la fin du mois de mars dernier.
Une tendance qui appartient cependant au passé, selon Greg Gibbs, stratégiste chez RBS. En cause : la hausse croisée des rendements des obligations du Trésor américain à la suite de la réduction progressive de la taille des rachats d’actifs annoncée par la Fed. Sur le trimestre, la différence entre le rendement à 10 ans des obligations d’Etat australiennes et américaines s’est réduit de 25 points de base (pb) pour tomber à 131 pb. Le taux australien à 10 ans était de 3,83% hier, alors que le taux américain a dépassé les 2,60% la semaine dernière. En outre, les économistes anticipent une nouvelle baisse des taux directeurs de la RBA d’ici à octobre, malgré la forte dépréciation de la devise.
Le dollar australienne a ainsi dévissé de 12% contre dollar sur le deuxième trimestre, sa plus forte chute depuis le troisième trimestre 2008. Elle est tombée hier à 91,10, son plus faible niveau depuis le mois de septembre 2010. Or, l’Australie reste exposée aux mouvements internationaux, 70% des obligations d’Etat sur le marché étant détenues par des investisseurs étrangers.
Plus d'articles du même thème
-
Le luxe, le tourisme et le BTP reprennent des couleurs en Bourse grâce à l'accord américano-iranien
La chute du prix du pétrole liée à la perspective de la fin de la guerre au Moyen-Orient fait grimper les marchés en Europe. Certains secteurs en profitent particulièrement. -
Schneider va renforcer son expertise technologique dans l'IA grâce à Foxconn
L’équipementier électrique français a signé un partenariat stratégique avec le groupe électronique taïwanais en vue de développer une nouvelle génération de centres de données. -
La suspension des derniers modèles d'Anthropic illustre les faiblesses de l'Europe
Le gouvernement américain a ordonné à Anthropic, vendredi, de suspendre immédiatement l’accès à ses modèles d’IA Fable 5 et Mythos 5 pour tous les utilisateurs étrangers. Le modèle d’IA devient un actif stratégique pour Washington, au même titre que les puces et les infrastructures. -
Dassault Systèmes place pour un milliard d'euros d'obligations
L'éditeur de logiciels a également annoncé le refinancement de sa ligne de crédit renouvelable, pour un montant total de 750 millions d'euros, arrivant à échéance en octobre 2026. -
Les banques françaises et étrangères ont un fort appétit en termes de financement
Pour se financer, les entreprises doivent profiter de l'importante liquidité des banques françaises et étrangères tout autant que du marché obligataire jugé très "attractif", par le cabinet de financement Redbridge dans son point sur les tendances des marchés de dette corporate. -
L'euro face au paradoxe des taux
Comme chaque semaine, retrouvez l'analyse de DeftHedge sur le marché des changes.
ETF à la Une
WisdomTree dévoile un ETF sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle
- BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Marc Riez (Vega IS) : «Nous avons engagé des discussions avec Novobanco au Portugal»
- L'AMF pourrait ouvrir les OPCVM aux cryptos
- Capital Group s'apprête à lancer ses ETF actifs en Europe
- Le régulateur américain veut encadrer les marchés de prédictions ciblés par les hedge funds
Contenu de nos partenaires
-
Le concierge 2.0, chef d’orchestre de l’invisible
Exit l’image feutrée du concierge en livrée derrière un comptoir d’hôtel. A mesure que sa clientèle s’est mondialisée et que la possession a cédé du terrain à l’expérience, le métier a muté. A l’heure de l’IA, les concierges se réinventent en véritables chefs d’orchestre. -
Bardella juge le comportement de Trump « erratique » et « menaçant pour l'Europe »
Dans un entretien à Politico le 15 juin, Jordan Bardella critique le comportement « erratique » de Donald Trump. Le président du RN estime que l’Europe doit se préparer à un possible désengagement américain en matière de défense du continent -
Ecce écoPouvoir d’achat : un peu d’ambition pour la présidentielle !
Une vraie politique de pouvoir d’achat doit avoir pour ambition d’augmenter la taille du gâteau, c’est-à-dire de créer davantage de richesse