Le développement des Cocos subit un coup de froid momentané

Ces instruments de capital contingent sont plébiscités par les banques et les investisseurs. Les régulateurs alertent sur leur complexité et leurs risques
Xavier Diaz

Le marché des Cocos a fait les frais du brusque refroidissement sur les marchés financiers cet été. Depuis la mi-juin, aucune émission de titres de capital contingent au compteur, la dernière ayant été réalisée par la Société Générale pour un montant de 1,5 milliard de dollars, selon Bloomberg. Certaines banques ont même dû annuler leurs projets, à l’instar de l’espagnole Banco Popular Español. Le rendement moyen de ces obligations est passé de 5,80% à 6,55%, selon l’indice de BofA Merrill Lynch. Les déboires du portugais Banco Espirito Santo ainsi que le retour de la volatilité sur les marchés ont mis un coup d’arrêt au fort développement des Cocos. Les émissions de ces instruments de dettes ont atteint 28,3 milliards d’euros depuis janvier portant le stock à 82,5 milliards, selon RBS.

Mais, au-delà de l’environnement économique et financier, ces obligations ont fait l’objet ces dernières semaines de critiques nourries de la part des autorités de régulation. Dans son rapport annuel de stabilité financière, la Banque d’Angleterre relevait que «les investisseurs sous-estimaient la probabilité qu’un titre de type AT1 (additional tier 1) ne soit mis à contribution pour absorber des pertes». Plus récemment, la Financial Conduct Authority (FCA) a pour sa part fait savoir qu’elle allait interdire à partir d’octobre pour un an la vente de ces papiers aux particuliers car ils étaient trop complexes et risqués. De son côté, l’Autorité des marchés financiers (AMF) a précisé à L’Agefi que «les Cocos émis en France à ce jour ont tous été placés auprès d’investisseurs institutionnels. L’AMF est attentive à ce que les prospectus décrivent clairement le produit et mentionnent les facteurs de risque associés.»

Ces avis suivent la mise en garde de l’Autorité européenne des marchés financiers (Esma) selon laquelle il n’est «pas sûr que les investisseurs envisagent tous les risques des Cocos et les pondèrent correctement dans leurs valorisations». Dès le mois de mai dernier, Alberto Gallo, responsable de la stratégie crédit chez RBS avait noté que les prix ne reflétaient pas les risques inhérents à ces instruments et qu’un événement sur une obligation (non paiement de coupon ou conversion) pourrait gravement perturber le marché. Malgré cela, la plupart des observateurs anticipent une poursuite du développement du marché des Cocos. Les spécialistes de RBS le voient à 100 milliards d’euros fin 2014.

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