Le Danemark lance un programme antifaillite pour ses banques en difficulté
Le gouvernement danois s’est accordé la semaine dernière sur un train de nouvelles mesures visant à soutenir la consolidation de son système bancaire. Cette loi, la quatrième, inciterait en effet les banques locales solides à fusionner avec des banques en difficulté en leur donnant une dotation, compensant le montant que le fonds étatique de sauvetage des banques, le Financiel Stabilitet, aurait perdu sur les créances douteuses. L’objectif principal est d’écarter la possibilité de procéder à des décotes (haircuts) sur la dette senior.
«Avec cet accord, nous fournissons les meilleurs outils pour gérer les menaces de faillites bancaires et pour créer la consolidation nécessaire du secteur» a indiqué Brian Mikkelsen, le ministre des affaires économiques. Les grosses banques continueront à être exposées, «mais elles préfèreront payer pour mettre fin à la mauvaise publicité et aux incertitudes de marché qui suivent chaque faillite d’un petit établissement», estime RBS. Selon Moody’s, la loi est une bonne nouvelle pour le secteur bancaire du pays car «elle devrait améliorer l’accès au marché des banques locales et régionales» alors que la précédente loi avait fait fuir les investisseurs internationaux. En cas d’adoption, la loi devrait «avoir un impact positif sur les spreads des banques danoises car elle réduit le risque de bail-in sur la dette senior» et leur permettre «de se refinancer plus facilement sur les marchés», appuie Aurel BGC.
Mise en place en octobre 2010, la loi bancaire 3 offrait en effet la possibilité au régulateur d’effectuer, en cas de difficulté d’un établissement, des dépréciations aussi bien sur la dette senior que sur la dette subordonnée. Le régulateur a d’ailleurs largement utilisé cet arsenal législatif lors de la faillite de deux banques locales cette année, Amargerbanken et Fjordbank, qui ont été accompagnées d’une dépréciation effective de la dette senior.
Standard & Poor’s s’est également félicitée de cet accord. Per Toernqvist, analyste de l’agence à Stockholm, cité par Blomberg, estime ainsi que «ces mesures devraient conduire à un nombre plus limité de faillites». Initialement, S&P estimait que 15 banques danoises devraient faire faillite d’ici les trois prochaines années ce qui coûterait 2,3 milliards de dollars au gouvernement.
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