Le Danemark défie les positions spéculatives contre la couronne
La Banque du Danemark répond à la pression du marché. Liée à l’euro par un «peg», la couronne danoise a enregistré vendredi sa plus forte baisse face à la monnaie unique depuis l’introduction de cette dernière en 1999, passant de 7,444 à 7,464 en séance. Une réaction due à l’intervention verbale du dirigeant du Conseil économique danois, un organisme de réflexion et d’expertise placé auprès du gouvernement.
Hans Jorgen Whitta-Jacobsen a estimé que la banque centrale danoise disposait d’instruments qui lui permettront de défendre l’ancrage de sa devise «jusqu'à la dernière goutte de sang». «S’il faut aller jusqu'à des restrictions sur les mouvements de capitaux pendant un laps de temps, je pense que la banque centrale serait prête à aller jusque-là», a-t-il déclaré dans un entretien à Reuters.
Les investisseurs testent la capacité de la banque centrale danoise à tenir le peg depuis que la Banque nationale suisse a décidé mi-janvier de jeter l’éponge et d’abandonner le plancher qui liait le franc à l’euro. Les pressions haussières se sont accrues sur la couronne, forçant la Banque du Danemark à accroître ses réserves et à passer ses taux de dépôt en territoire largement négatif. A la différence de la Suisse, le peg danois est plus ancien, et est censé bénéficier d’un soutien de la BCE. «Le mouvement de prix de vendredi montre que des positions spéculatives sont en train d’être coupées ou bien que la banque centrale danoise intervient pour pousser le taux de change à des niveaux qui imposent des pertes aux positions spéculatives», estime Steven Englander, patron de la stratégie change chez Citigroup.
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