Le Crédit Logement décide de ne pas rappeler sa dette « tier one »
La nouvelle réglementation sur le capital réglementaire des banques, qui n’est pas encore fixée, pousse les établissements bancaires à réfléchir au devenir de leurs titres hybrides. Début février, le Crédit Logement, qui est spécialisé dans la garantie de prêts et qui est détenu par les grandes banques françaises, a ainsi choisi de ne pas exercer l’option de rachat (call), prévue en mars prochain, sur une ligne de dette tier one de 800 millions d’euros. Dans un communiqué, le groupe explique qu’il «considère que l’actuel cadre juridique et réglementaire ne fournit pas des indications suffisamment claires sur le nouveau format des instruments de capital éligible au ratio tier one».
Cette annonce était plutôt décevante pour les investisseurs qui, traditionnellement, tablent sur un rappel des titres hybrides à la date du premier call. Elle était cependant un peu anticipée puisque les titres se traitaient en dessous du pair avant l’annonce.
Les analystes crédit d’Aurel BGC s’attendaient eux aussi à cette annonce, sachant que «Crédit Logement n’a pas assez de fonds propres pour rembourser ces ‘tier one’, autrement qu’à travers un échange ou une nouvelle émission». Or, l’incertitude réglementaire empêche actuellement le groupe de s’engager dans ce type d’opérations.
En compensation, le Crédit Logement «a opté pour un échange de sa dette upper tier two en titres lower tier two», explique Sidney Studnia, responsable de l'équipe d’ingénierie financière chez SG CIB. « L’opération a remporté un franc succès puisque 99% des titres ont été apportés. La nouvelle dette affiche une maturité de dix ans - alors que les UT2 étaient perpétuels - et un coupon obligatoire, alors que celui des UT2 n’était qu’optionnel », détaille Arnaud Mezrahi, vice-président au sein de l’équipe de structuration d’instruments de capital chez SG CIB.
Récemment, les banques italiennes UBI Banca et Monte Paschi ont elles aussi décidé de ne pas rappeler leurs titres tier one. «La situation de chaque banque en matière de titres hybrides est très spécifique», souligne Sidney Studnia. Le banquier travaille actuellement pour la caisse basque BBK, qui a lancé une offre d’échange de sa dette lower tier two en dette senior unsecured. «Ce choix lui permet de tirer profit des conditions actuelles de marché pour optimiser ses instruments de capital tout en maintenant la liquidité à long terme».
{"title":"","image":"76727»,"legend":"\u00e9missions cr\u00e9dits»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Les règles du secteur aérien divergent des deux côtés de l’Atlantique
Alors que le marché américain a connu une libéralisation précoce, l’Union européenne a mis en place un arsenal réglementaire destiné à mieux protéger les voyageurs. -
Les fonds actions zone euro petites et moyennes capitalisations à la loupe #174
Les PME de la zone euro ayant particulièrement subi les conséquences de la crise au Moyen-Orient, celles-ci ont vu leurs performances s'effondrer. -
L'Agefi Actifs - Juillet-Août 2026
Tous les mois, Actifs, le magazine de la gestion de patrimoine de L’Agefi, donne la parole à un professionnel du secteur, décortique les sujets d’actualité à travers une grande enquête et des dossiers thématiques et esquisse le portrait d’une personnalité. Sans oublier nos précieux «Cas pratiques». -
SK Hynix lève 26,5 milliards de dollars en se cotant aux Etats-Unis
Le fabricant de puces sud-coréen a fixé le prix de ses certificats de dépôt cotés à Wall Street à 149 dollars. Les négociations débutent ce vendredi. -
UBS a contribué à la vague de rachats chez Blue Owl
Le groupe bancaire UBS a conseillé à certains clients de sa banque privée, particulièrement exposés à la dette privée, de réduire leurs allocations, rapporte le Financial Times. Cette recommandation a lourdement pesé sur le Technology Income Fund de Blue Owl, dont environ 60% du capital provenait de clients UBS, principalement asiatiques. Le fonds a subi environ 400 millions de dollars de retraits au quatrième trimestre 2025, puis des demandes représentant plus de 40% de sa valeur début 2026. L’épisode illustre la dépendance des fonds semi-liquides aux grands réseaux de banque privée, estime le FT. -
PSG Equity prend le contrôle de l'éditeur de logiciels BrightAnalytics
Dans un contexte marqué par l'essor de l'intelligence artificielle et la pression sur les valorisations du software, PSG Equity investit dans BrightAnalytics pour soutenir son développement international.
ETF à la Une
Les ETF d’actions américaines signent un retour en force au deuxième trimestre
Contenu de nos partenaires
-
947 millions en 2025 : dopées par l’IA, les fraudes à l’assurance se multiplient
Selon l'Agence de lutte contre la fraude à l'assurance (Alfa), les fraudes à l’assurance ont augmenté de près de 5 % l'année dernière, portées par les arnaques aux mutuelles et aux contrats de prévoyance -
Otan : la rhétorique de Trump contamine doucement la population américaine
La confiance dans l’Alliance atlantique s'érode aux États-Unis où, sous l’influence de Donald Trump, 43 % des Américains doutent désormais d'un soutien européen en cas d’attaque -
« Il menace de tout faire basculer » : pourquoi le phénomène climatique El Niño inquiète les experts
Sécheresses, moussons, typhons... Le phénomène climatique El Niño est de retour et il pourrait être l'un des plus puissants connus à ce jour, avec des conséquences dramatiques dans le monde