Le crédit corporate repart de l’avant

Après le ralentissement observé en février, les émetteurs reviennent sur le marché de la dette en euros depuis le début du mois de mars
Krystèle Tachdjian

Le mois de mars a bien démarré sur le marché obligataire primaire après le ralentissement observé en février, et un mois de janvier record. L’environnement de taux bas et la quête de rendement ont entraîné un regain d’émissions libellées en euros ces trois dernières semaines tant du côté des corporates (Rallye, ThyssenKrupp, AT&T, Telstra …) que des financières.

«L’incertitude politique en Italie et la période de blackout pour certaines entreprises avaient limité les émissions le mois dernier. Mais les rumeurs en vue d’une possible formation d’un gouvernement italien le 16 mars ont redonné de l’appétit pour le risque aux investisseurs», explique Badr El Moutawakil El Alami, stratégiste crédit chez Natixis.

Les émetteurs des pays périphériques comme la banque espagnole BBVA, dont l'émission a été sursouscrite 2,4 fois, et les émetteurs de dette hybride comme KPN avec sa récente émission sursouscrite 6 fois, ont profité de ce contexte. Pour Société Générale CIB, le succès de ces opérations s’explique avant tout par la tonalité positive sur le marché des actions qui est favorable aux actifs risqués.

Depuis quelques semaines, les assureurs sont aussi à la manœuvre pour émettre de la dette à l’image de l’allemand Allianz qui a levé le 5 mars pour 1,2 milliard d’euros de dette senior non sécurisée. La mutuelle niortaise Macif qui se fait rare sur les marchés a de son côté émis un emprunt subordonné le 28 février pour 250 millions d’euros. La dynamique retrouvée sur le marché obligataire a même poussé certains émetteurs à se ruer sur le marché. C’est le cas du groupe PSA qui a levé 1 milliard d’euros fin février.

Certes, la demande a été forte avec un carnet d’ordres de 4,3 milliards d’euros. Mais pour emprunter le constructeur automobile a mis le prix fort avec un coupon de 7,375% à 5 ans, soit une prime de près de 700 points de base au-dessus des taux des emprunts d’Etat. « PSA s’est un peu précipité. Si le groupe avait attendu une semaine de plus, il aurait pu réduire ses frais financiers élevés», juge Marnik Hinnekens, responsable de la stratégie crédit chez Tullett Prebon à Paris.

En l’absence d’alternatives d’investissements, le crédit corporate devrait rester dynamique au cours des prochains mois néanmoins les gérants devraient aussi se montrer plus sélectifs.

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