Le crédit aux entreprises continue de reculer en zone euro
Les chiffres de février ne sont guère encourageants même si les prêts aux ménages ont très légèrement progressé
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Solenn Poullennec
Alors que les gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) se réunissent jeudi prochain pour décider de l’évolution des taux, les statistiques sur la masse monétaire publiée hier montrent que le crédit en zone euro est resté déprimé au mois de février.
Le taux de croissance annuel du crédit accordé aux résidents de la zone euro s’est replié de 1,8% le mois dernier, comme il l’avait déjà fait en janvier. Le crédit au secteur privé a reculé de 2,2% (contre -2,3% en janvier). La baisse du crédit au entreprises non financières (NFC) s’est par ailleurs légèrement accentuée en février, à -3% (contre -2,9%). «L’Espagne se fait remarquer par une évolution des taux de prêts aux NFC en recul de -10% en février mais la tendance est aussi inquiétante en Italie (-5,5% sur un an)», souligne Thomas Harjes, économiste chez Barclays.
«Sachant qu’il est difficile d’envisager un retournement économique sans une résurrection du crédit bancaire, ces chiffres appellent à rester très prudent sur le caractère durable et la force de la reprise économique dans la zone euro», analyse Martin Van Vliet, économiste chez ING. Il rappelle cependant que le crédit aux entreprises non financières a tendance à être en retard de trois trimestres sur le cycle économique et est concurrencé par le marché obligataire. Et de se réjouir de la relative reprise des prêts aux ménages qui, en tenant notamment compte des prêts qui ont été titrisés, ont progressé de 0,4% en février contre 0,2% le mois précédent.
Ce léger redressement fait dire à l’économiste de JPMorgan, Greg Fuzesi que même si les données du mois de février sont plutôt mauvaises «les implications pour la BCE sont limitées car il y aussi des signes d’amélioration». En mars, malgré la persistance d’une inflation très faible dans la zone euro (0,7% en février) la BCE a laissé ses taux inchangés. Une décision qui a déçu plus d’un économiste pour qui l’institution doit assouplir encore sa politique afin de soutenir la reprise dans la zone.
Les chiffres de M3 révèlent par ailleurs que les banques dans la plupart des grands pays de la zone euro ont racheté de la dette souveraine en février comme elles l’avaient fait en janvier (à hauteur de 54 milliards d’euros au total). Les établissements avaient eu tendance à nettoyer leur bilan et s’étaient débarrassés de 73 milliards d’euros de dette souveraine à la fin de l’année dernière dans la perspective de l’opération vérité sur leur santé menée par la BCE.
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