Le contexte du QE de la BCE n’est pas aussi rédhibitoire qu’il y paraît
En soi, le programme d’achats d’obligations souveraines que débutera la BCE la deuxième quinzaine de mars n’aura pas d’effet majeur sur les économies de la zone euro. Ni sur l’inflation, dont la cause première tient aux évolutions du pétrole, et parce que l’afflux de capitaux étrangers freine la dépréciation de l’euro ; ni sur la croissance, puisque les taux sont déjà très bas, que l’appétit de nouveaux crédits reste modeste, que la consommation des ménages profite marginalement de la remontée des prix des actifs financiers, et parce que les exportations ne seront plus stimulées.
Mais il faut replacer le QE dans le contexte de chute des cours du pétrole. Par deux fois, en 1993 et 1997, la chute du baril a engendré un choc positif de confiance qui a stimulé l’investissement. Si cela se reproduit, l’aplatissement des courbes de taux induit par le QE pourrait amplifier la reprise de l’investissement. Rien n’est moins sûr. En 2001 et en 2008, la baisse du pétrole n’a eu aucune incidence sur la confiance et l’investissement. Mais il est trop tôt pour l’exclure. Surtout, il faut replacer le QE dans le contexte d’assouplissement de la politique fiscale en zone euro. Alors que l’austérité y a ôté 2,5 points de croissance entre 2012 et 2014, la politique budgétaire sera neutre cette année et expansionniste en 2016. Les règles budgétaires ont été assouplies. La Commission tient désormais compte de la position cyclique et de l’effort de réformes structurelles. Les contributions nationales faites à l’EFSI, le véhicule du plan Juncker, seront exemptées. Les Etats sont invités à faire plus de déficit, et la BCE empêchera toute remontée des taux.
Le QE adossé à cet assouplissement budgétaire ressemble à de l’«helicopter money» qui ne dit pas son nom. Cette action concertée débouchera sur plus de déficit, plus d’investissement public, des taux plus bas. Or les dépenses en capital public ont un effet multiplicateur élevé sur l’activité. On sous-estime peut-être le rebond de la croissance en zone euro pour les deux prochaines années.
{"title":"","image":"81980»,"legend":"BCE: le QE mieux embarqu\u00e9 qu’il y para\u00eet»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
La purge des stratégies «momentum» se poursuit
Le renversement du «momentum trade» en juillet sur les semi-conducteurs, après un semestre d'excès, profite à d'autres stratégies. Les valeurs décotées et à faible volatilité prennent leur revanche. -
UBS affiche de nouveaux encours records en gestion d'actifs
La banque suisse a collecté plus de 6 milliards de dollars au deuxième trimestre 2026. Elle gérait 2.228 milliards de dollars à fin juin. -
CMA CGM finalise l'ouverture du capital de certains de ses ports à la société de gestion Stonepeak
L'opération qui passe par la création d'une coentreprise avait été annoncée en janvier 2026 pour une valorisation de près de 10 milliards de dollars. -
QIC cède un opérateur australien de gazoducs à Morgan Stanley IM
Queensland Investment Corporation (QIC) a vendu Epic Energy, un opérateur de gazoducs en Australie-Méridionale, à Morgan Stanley Investment Management. -
Aberdeen déçoit sur sa collecte et baisse en Bourse
La société de gestion britannique a décollecté 3 milliards de livres sterling sur le premier semestre 2026 alors que les analystes tablaient sur une collecte positive. -
Le marché salue les performances de Deutsche Bank au deuxième trimestre
La banque allemande a publié un bénéfice net record de 1,9 milliard d’euros au deuxième trimestre 2026 et juge le second semestre bien engagé. Le contexte domestique, entre réforme des retraites et relance des investissements dans les infrastructures et dans l'armement, devrait amener le groupe à dépasser les objectifs fixés pour 2028.
ETF à la Une
T. Rowe Price crée le poste de responsable des solutions ETF pour la région EMEA
- La gestion d'actifs sauve tout juste les résultats de Lazard
- Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- Nicolas Calcoen rejoint le conseil d’administration de Victory Capital
- BNP Paribas collecte 6 milliards d’euros en gestion d’actifs au deuxième trimestre 2026
- La Commission des sanctions de l’AMF inflige 420.000 euros d’amendes à Uzès Gestion et ses ex-dirigeants
Contenu de nos partenaires
-
« Ne touchez pas à notre sport » : pourquoi le monde du foot se soulève-t-il contre la Fifa et son président ?
Gianni Infantino, président de la Fifa, veut créer une filiale pour gérer les droits médias et commerciaux des compétitions et l’ouvrir à des investisseurs extérieurs, notamment à des proches de Trump -
Série 12/28Un été d'essais politiques : Charles Millon, à droite toute
SERIE. Pour l'Opinion, notre chroniqueur Bernard Quiriny a rouvert des essais politiques d’hier à aujourd’hui, des classiques incontournables aux livres de circonstance oubliés -
Série d'étéMoi, Monique Canto-Sperber, présidente : « Je proposerais de construire une société de libertés et de paix civile »
SERIE. La philosophe et figure du libéralisme en France se met dans la peau du futur locataire de l'Elysée et liste ses premières décisions