Le Comité de Bâle pourrait autoriser l’émission de « CoCos » pour les banques systémiques
Les CoCos, ces obligations à conversion obligatoire, pourraient être intégrées à la nouvelle réglementation bancaire mise en place par le Comité de Bâle. La semaine prochaine, l’institution va discuter de la possibilité d’intégrer ces nouveaux instruments de dette au capital réglementaire supplémentaire que le régulateur envisage d’imposer aux banques systémiques. «Nous évaluons actuellement les CoCos et la possibilité pour ces instruments de répondre à l’obligation d’absorption des pertes», a expliqué Stefan Walter, le secrétaire général du Comité, à Bloomberg dans la perspective de la réunion du comité des 8 et 9 mars. Ce sera l’occasion de passer en revue des propositions préliminaires tandis que des propositions plus concrètes suivront en juin, a-t-il précisé.
En mettant les CoCos sur la table des négociations, le Comité de Bâle s’apprête à suivre l’exemple du régulateur suisse qui exige déjà des grandes banques nationales l’utilisation de ces produits pour constituer un coussin supplémentaire de 9%. Dans ce cadre, Credit Suisse a émis fin février les premières CoCos. Ces dernières prévoient une conversion en actions si le ratio core Tier one tombait sous 7% et Credit Suisse peut rappeler les titres après 5,5 ans. «Cette réflexion du Comité de Bâle était attendue par le marché car les CoCos remplissent les critères de Bâle 3 en matière d’absorption des pertes», estime Thibault Douard, gérant chez Tikehau IM.
Reste à savoir si le marché sera prêt à investir dans ces titres. «Les CoCos comportant une composante actions, certains fonds obligataires ne sont pas autorisés à y investir», rappelle Thibault Douard. Le succès de l’émission de Credit Suisse constitue néanmoins un signe positif. La demande a représenté 22 milliards de dollars pour une émission de 2 milliards. Les gestionnaires de fonds ont reçu près de la moitié des titres, les banques privés 34% et les hedge funds 18%.
Afin d’attirer les investisseurs obligataires, les banques systémiques pourraient aussi opter pour des titres sensiblement différents, plus proches de ceux émis par Rabobank en janvier. Ces derniers seront en effet dépréciés si le ratio core tier one passe sous le seuil de 8%, ce qui élimine la composante actions.
Plus d'articles du même thème
-
Les méga-IPO sont le dernier signe avant-coureur de bulle spéculative
L’introduction hors norme sur le Nasdaq de SpaceX a attiré une demande plus de 4 fois supérieure à l’offre avec une hausse de près de 20% de l’action à la première cotation. D’autres méga-IPO vont inonder le marché, avec des airs de déjà-vu et un parfum de bulle spéculative. -
« La croissance des bénéfices dans l’UE devrait être inférieure au consensus »
Michele Morganti, stratégiste actions senior chez Generali Investments -
«Nous adoptons une neutralité de prudence plus que de conviction sur les actions»
Philippe Perrody, directeur de la gestion diversifiée et allocation d’actifs, actifs cotés chez Sienna. -
La cotation de SpaceX nourrit l’attractivité de l’investissement spatial
Dans le sillage de l’entrée en Bourse de SpaceX vendredi 12 juin, la «commercialisation de l’espace» va devenir économiquement viable, relèvent deux études. Plusieurs secteurs connexes s’avèrent attractifs pour les investisseurs. -
PARTENARIATSouveraineté numérique : un modèle européen à construire
Données, intelligence artificielle, infrastructures, cloud : la souveraineté numérique s’impose désormais comme un enjeu stratégique pour l’Europe, à la croisée des questions technologiques, économiques et politiques. -
Garance s’ajoute à la liste des mutuelles dans la tourmente
Cette fois, ce n’est pas une mutuelle santé mais la mutuelle épargne retraite Garance qui est à son tour frappée par une crise de gouvernance. L’affaire portée devant le tribunal judiciaire pourrait également conduire l’ACPR à intervenir pour ramener un peu de clarté dans les principes de gouvernance mutualistes.
ETF à la Une
BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Jean-Baptiste Delabare (Montpensier Arbevel) : «La fusion nous a apporté une diversification que nous n'avions pas»
- Marc Riez (Vega IS) : «Nous avons engagé des discussions avec Novobanco au Portugal»
- Capital Group s'apprête à lancer ses ETF actifs en Europe
- L'AMF pourrait ouvrir les OPCVM aux cryptos
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreLa solidarité mondiale a besoin d’un nouveau modèle : la France peut continuer à ouvrir la voie
Face au repli des grandes puissances sur l’aide au développement, la France doit impulser un nouveau mouvement pour ranimer la solidarité mondiale, estiment dans cette tribune Philippe Douste-Blazy, Elisabeth Moreno et Yann Borgstedt -
Anthropic contraint de suspendre l’accès à son modèle d’IA Fable sur injonction de la Maison-Blanche
Le géant de l'IA a suspendu, vendredi 12 juin, l’accès à ses modèles Fable 5 et Mythos 5 après une injonction des autorités américaines. En Europe, cette décision relance le débat sur la dépendance du continent aux modèles d’IA venus des Etats-Unis -
Feu rougeFin du coup de pouce à la pompe pour les automobilistes allemands
La ristourne fiscale de 17 centimes par litre de carburant prendra fin le 30 juin. La coalition droite-gauche du chancelier Merz étudie des alternatives pour redonner du pouvoir d'achat aux Allemands