« Le Bund conservera son statut de valeur-refuge tant que le cas grec ne sera pas résolu »
Marie Giraud, gérante de taux chez Groupama AM
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Violaine Le Gall
L’Agefi: Pourquoi la BCE pourrait baisser de 50 points de base les taux d’ici à la fin de l’année ?
Marie Giraud : Le taux refi de la BCE a été maintenu à 1,5%, le taux 2 ans allemand est à 0,5%, l’Eonia autour de 1%. Les risques d’inflation sont « équilibrés » : les anticipations d’inflation 5 ans dans 5 ans sont sous 2%. Les révisions de croissance 2011/2012 sont à la baisse. La crise de la dette souveraine reste non résolue. La BCE a toutes les marges de manœuvre pour baisser son taux refi afin d’aider à faire face à la crise financière actuelle, alléger les intérêts des dettes indexées à taux variables sur le court terme, inciter les banques à remettre de l’argent dans le circuit de l’économie réelle. C’est bien un revirement de situation par rapport à juillet 2011, date de la dernière hausse de taux. A situation exceptionnelle, niveau de taux exceptionnel, avec respect du mandat.
Le Bund va-t-il conserver son statut de valeur refuge dans la zone euro dans les mois à venir ?
Les marchés sont dans l’attente de l’exécution des décisions politiques prises le 21 juillet et l’on voit bien que les discours contradictoires au sein des gouvernements des pays de la zone euro ne font qu’augmenter l’aversion pour le risque des investisseurs. Ce sont des décisions fortes, de la coordination, de la gouvernance économique, de la crédibilité dans la mise en œuvre des mesures et des plans d’austérité qui redonneront la confiance au marché. Le cas grec n’est toujours pas résolu, et les réformes nécessaires pas formalisées. Tant que ces attentes resteront vaines, le Bund continuera à être la valeur refuge de prédilection.
L’activité sur le marché primaire crédit euro a nettement repris avec 20 milliards d’émissions. Les banques ont surpris avec des émissions de titres subordonnés. Côté corporate, Thales a émis des obligations dans le cadre du refinancement de l’acquisition d’Exail.
Après l'opération historique de SpaceX, plusieurs sociétés ont voulu profiter de l’effervescence pour entrer à leur tour en Bourse cet été. Des opérations souvent à l’initiative de sociétés de capital-investissement désireuses de se retirer. Sans doute de quoi expliquer des débuts de cotation en demi-teinte.
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