Le Brexit ne doit pas polluer les élections européennes
Nouvelle semaine cruciale pour l’Europe. Avec cette fois au menu d’abord un vote final aux Communes – le troisième !- sur l’accord négocié par Theresa May avec Bruxelles et et rejeté, à des majorités historiques ;
puis un Sommet lui permettant de demander, selon le résultat du vote, un délai reportant la date du Brexit, court si son texte est adopté, long si, comme il est probable, il est à nouveau rejeté.
L’Union européenne doit tenir ferme sur sa ligne, autour d’une idée simple : le Brexit ne doit à aucun prix interférer avec les élections européennes de fin mai, dès lors que le Brexit resterait le but ultime des Britanniques sans retour préalable devant les électeurs.
D’abord parce que cela ne résoudrait rien. Aucun semblant de consensus n’a émergé sur une formule de Brexit quelconque au terme de ces dernières semaines de tohu-bohu parlementaire.
La réouverture de négociations sur la base d’un maintien du Royaume dans l’union douanière ou de la recherche d’un régime norvégien amélioré constituerait sans doute une révision profonde de la stratégie britannique que Bruxelles appelle de ses vœux.
Mais à supposer que Theresa May se résolve à renoncer pour son pays à une stratégie commerciale indépendante, un éventuel accord devrait toujours fédérer une majorité.
Or on peut d’autant moins entrevoir que la question du « backstop » irlandais, la plus clivante, sera toujours sur la table.
Ensuite, parce qu’en cas de long délai, le cordon sanitaire tendu par les Européens pour éviter que le Brexit interfère avec les autres dossiers de l’UE ne tiendrait plus longtemps.
Les Britanniques seraient obligés de prendre part aux élections européennes, dans des conditions où les grands vainqueurs pourraient être l’abstention et les extrémistes de tous bords.
Avec pour résultat d’amplifier la voix des populistes avant de démissionner ensuite en plein mandat.
Les opinions publiques ne pourraient rester indifférente devant une telle parodie de démocratie, avec le risque que leurs réactions feraient peser sur le capacité de l’Union à agir en fonction de ses seuls intérêts.
Le sort du Brexit doit être scellé au Royaume Uni même. Si le courage politique y manque et qu’un Brexit sans accord doive en résulter, so be it.
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