Le Brésil souhaite accroître sa crédibilité en matière budgétaire
Le Brésil se lance à la recherche de la confiance perdue des investisseurs. Sous la pression des agences de notation, le gouvernement de Dilma Rousseff a ajusté ses prévisions de budget 2014 en tablant sur un excédent primaire de 1,9% du PIB du pays, contre une prévision de 3,2% pour l’année 2013. Un budget qui comprend en outre quelque 44 milliards de réaux (13,5 milliards d’euros) de réduction des dépenses publiques sur l’année fiscale, dont 70% concerneront les dépenses discrétionnaires, et 30% les dépenses obligatoires.
Ce budget est «nettement plus crédible que ceux présentés ces dernières années, mais aussi de nature à aider à combattre les tensions inflationnistes par une réduction des dépenses publiques», estime CA CIB. Le real a réagi positivement à cette annonce en progressant de 1% contre dollar vendredi. Après avoir chuté de 12% depuis octobre contre le billet vert et contre l’euro, la devise brésilienne s’est reprise de 3% depuis le début du mois de février contre les deux principales devises. De quoi calmer les tensions sur les prix des importations qui affectent directement le niveau général des prix au Brésil.
Or, le budget 2014 permettra également de «donner plus de souplesse à la banque centrale, avec une hausse de taux de 25 pb attendue à sa prochaine réunion» cette semaine, indique Barclays. Les 325 pb de resserrement déjà opérés depuis mars 2013 ayant porté le taux Selic à 10,50%, et la crise dans les pays émergents à la suite du «tapering» de la Fed, ont pesé sur les obligations d’Etat brésiliennes. Le taux à 10 ans a ainsi atteint un plus haut depuis février 2010 de 5,12% début décembre, avant de se détendre à 4,77% depuis. «Les hausses de taux passées et une politique budgétaire plus restrictive risquent de peser sur la croissance», alerte en outre CA CIB.
Dans contexte, la prévision de croissance réelle du PIB brésilien de 2,8% cette année sur laquelle se fonde le budget 2014 du gouvernement «reste encore optimiste», selon Barclays qui table sur une croissance de 1,9%. De son côté, BNP Paribas CIB a même réduit la sienne de 0,5 point à 1% cette année, alors que celle du consensus a chuté graduellement de 3,7% début 2013 à 1,8% actuellement. «Ce dont le Brésil a besoin pour améliorer sa croissance, c’est de politiques qui résolvent ses problèmes de compétitivité, pas de soutenir encore davantage la consommation», estime Morgan Stanley.
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