Le Brésil inverse son cycle de politique monétaire pour juguler l’inflation
L’inflation redevient la préoccupation principale au Brésil. Hier soir, la banque centrale du pays a décidé de relever ses taux directeurs de 25 points de base (bp) à 7,50%, expliquant que «le haut niveau d’inflation et la dispersion des hausses de prix, parmi d’autres facteurs, ont contribué à la résistance de l’inflation et nécessitait une réponse en termes de politique monétaire». Après une rafale de baisses de taux qui ont conduit le taux Selic à son plus faible niveau historique, la décision d’hier, prise à une majorité de 6 voix contre 2, constitue le premier geste de resserrement de la politique monétaire au Brésil depuis le mois de juillet 2011.
La présidente Dilma Rousseff et le gouverneur de la banque centrale, Alexandre Tombini, ont indiqué leur détermination à ne pas laisser déraper la hausse des prix à la consommation qui a dépassé en mars le rythme maximum de 6,5% toléré par l’autorité monétaire. L’inflation a ainsi accéléré à 6,59%, après 6,31% en février, contre un niveau de 4,25% au Mexique et 1,5% au Chili. Selon le rapport d’inflation de la banque centrale, il existe une probabilité de 25% que l’inflation dépasse le seuil des 6,5% cette année, même avec des taux directeurs à 8%. Le dernier sondage de la banque centrale révèle des anticipations d’inflation à 5,68% pour cette année.
Cependant, le Brésil n’envisage pas pour le moment un resserrement monétaire brutal, comme en témoigne l’ampleur limitée de ce premier geste. «Le comité considère que les incertitudes sur la conjoncture intérieure, mais surtout extérieure, vient tamiser le scénario prospectif d’inflation et recommande que la politique monétaire soit menée avec prudence», indique ainsi la banque centrale. Le dernier sondage réalisé par la banque centrale révèle une prévision de croissance au Brésil à 3% cette année, après 0,9% en 2012 et 2,7% en 2011, contre une prévision de 4,5% en juin dernier.
Malgré ces incertitudes, Gustavo Rangel, chef économiste chez ING Bank estime que «l’inflation a dépassé la croissance dans les priorités des autorités». Dans ce contexte, Alberto Ramos, économiste chez Goldman Sachs, estime que 100 à 150 bp de hausse de taux seront nécessaires pour ramener le taux d’inflation vers 4,5%, et Barclays estime les hausses nécessaires à 200 bp. HSBC alerte cependant que, compte tenu des pressions inflationnistes, «la poursuite d’une politique de relance budgétaire ne serait pas efficace au Brésil». Cette nuit, le real se dépréciait de 0,7% contre dollar, à 2,0006.
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