Le Brésil fait volte-face sur sa politique monétaire
La banque centrale a décidé ce matin de baisser ses taux de 50 points de base à 12%, sur fond d’inquiétudes sur l'évolution de la croissance
Publié le
Ajouter à vos sources préférées
Ajouter en favori
Patrick Aussannaire
Le Brésil change de cap. La banque centrale du pays a surpris les marchés ce matin en annonçant une baisse de 50 points de base (bp) de son taux directeur à 12%. La dernière baisse du taux Selic remonte au mois de juillet 2009. Le comité de politique monétaire (le Copom), qui a pris cette décision à une majorité de cinq membres sur sept, s’est justifié en indiquant dans son communiqué que «réévaluant son scénario international, le comité considère qu’il y a eu une dégradation substantielle, reflétée par la réduction généralisée et de grande ampleur des projections de croissance dans les principales régions économiques».
Les marchés brésiliens étaient pourtant unanimes à parier sur un maintien du taux Selic à 12,5%. En effet, les 20 économistes interrogés par Reuters et les 62 interrogés par Bloomberg tablaient tous sur une interruption des hausses, qui ont atteint un cumul de 175 bp depuis le début de l’année. Les marchés étaient quant à eux partagés entre le statu quo à 12,50% et un assouplissement de 25 bp au plus.
«Ils ont cédé à la pression politique» estime Tony Volpon, stratégiste chez Nomura Securities. Lundi, le ministre des Finances, Guido Mantega, a annoncé le relèvement de 6,2 milliards de dollars de l’objectif d’excédent budgétaire annuel. Sous la pression des industriels qui réclament une baisse des intérêts qui alimente la hausse du real face au dollar et entraîne une perte de compétitivité de l’industrie du pays, Guido Mantega avait rappelé que seule la banque centrale était apte à modifier les taux d’intérêt. Et la présidente, Dilma Rousseff, de surenchérir lors d’un voyage dans le nord-est du pays en indiquant souhaiter «avoir à l’horizon la possibilité de réduire les taux d’intérêt du Brésil, les plus élevés du monde». Le real s’est apprécié de plus de 40% contre dollar depuis fin 2008.
Tony Volpon estime que «la banque centrale fait le pari d’un retour de la crise de 2008». Si l’économie brésilienne commence à donner des signes clairs de ralentissement, les économistes anticipant une croissance comprise entre 3% et 4% cette année, Mauricio Rosal, chef économiste chez Raymond James au Brésil, estime cette décision «un peu prématurée». Malgré la baisse de l’inflation importée, liée aux prix des matières premières et à certains effets saisonniers, l’inflation globale a dépassé au mois d’août les 7% pour la première fois depuis 2005, à 7,1%.
L’activité de gestion privée de La Financière de l’Echiquier s’élève à environ 2 milliards d'euros d'encours conseillés, dont 400 millions en gestion sous mandat pour le compte des CGP. Elle vise une progression de sa collecte de 15% par an.
Chaque fin de mois, avec l’objectivité et l’expertise qui caractérisent ses journalistes, L’Agefi alpha vous propose des enquêtes fouillées et décortique des innovations technologiques ou financières. Il ouvre une fenêtre sur un marché à l’international, les asset managers ayant depuis longtemps traversé les frontières, et met en valeur les femmes et les hommes qui font la richesse de cette industrie et la force de la place financière française.
Les marchés ont effectué une rotation des petites capitalisations et des valeurs de croissance vers les grandes capitalisations et la value en Europe. Aux États-Unis, la rotation a surtout bénéficié aux petites capitalisations.
Co-président de Blue Owl Capital et responsable du pôle crédit, Craig Packer revient pour L'Agefi sur la dynamique du direct lending et les tensions sur la liquidité de certains véhicules qui agitent le secteur depuis l'automne.
La filiale de gestion d’actifs du groupe BPCE veut combler son retard en lançant ses premiers ETF actifs sur le marché européen d’ici la fin de l’année tout en développant son offre sur le non-coté.
SERIE. L'ancien conseiller en communication du président François Hollande se met dans la peau du futur locataire de l'Elysée et liste ses premières décisions
Pour l'Opinion, notre chroniqueur Bernard Quiriny a rouvert des essais politiques d’hier à aujourd’hui, des classiques incontournables aux livres de circonstance oubliés
SERIE (8/13). A l’occasion du Tour de France 2026, l’Opinion parcourt l’étape du jour à la recherche des traces de la décennie Macron. Ce vendredi, le peloton part de Dole (Jura) pour rallier Belfort (Territoire de Belfort)