Le bras de fer devrait se poursuivre aux Etats-Unis sur le mur budgétaire
Sorti vainqueur de l’élection présidentielle américaine, le démocrate Barack Obama n’a pas tardé dans son premier discours à tendre la main à ses adversaires républicains, toujours majoritaires à la chambre des représentants, et avec qui il devra composer pour éviter le «fiscal cliff» (mur budgétaire).
Ces quelque 600 milliards de dollars soit environ 466 milliards d’euros de hausses d’impôts et de coupes dans les dépenses qui risquent de s’appliquer à partir du 1er janvier 2013 constituent une bombe à retardement pour les finances publiques des Etats-Unis. Alors que l'économie américaine redémarre lentement, ce dossier préoccupe les investisseurs et les agences de notation qui attendent au tournant le président réélu.
«Il n’y aura pas de lune de miel fiscale pour le président Obama», a réagi hier Fitch Ratings qui menace depuis plusieurs mois de retirer le AAA américain. L’agence estime que le «fiscal cliff», s’il n’était pas résolu, plongerait le pays dans la récession et porterait le taux de chômage au-delà des 10% en 2013 contre 7,9% actuellement. Moody’s, de son côté, prendra une décision sur la note américaine (Aaa) après la fin des négociations sur le budget 2013.
Barack Obama a plaidé pendant la campagne pour une réduction du déficit budgétaire de plus de 4.000 milliards de dollars sur dix ans en laissant expirer les quelque 200 milliards de dollars de réductions d’impôts accordées par son prédécesseur George Bush et en réduisant les dépenses militaires. «Obama sait que la marge de manœuvre face au fiscal cliff et au déficit budgétaire est mince. Il n’a pas d’autre choix que de relever ces défis (…) en augmentant les impôts et en réduisant les dépenses», souligne Cormac Weldon, responsable actions américaines chez Threadneedle Investments.
Barack Obama s’est déjà cassé les dents sur ce sujet lors de la précédente législature. Si les économistes s’attendent à un nouveau bras de fer sur la question, ils veulent toutefois croire que le pragmatisme américain l’emportera. «Selon notre point de vue, un compromis va émerger car aucun des deux camps ne souhaite être accusé d’avoir à nouveau fait plonger l’économie dans la récession», prédit Keith Wade, chef économiste chez Schroders.
Le résultat de l'élection et la résurgence des craintes sur le «fiscal cliff» ont pesé hier sur les marchés actions américains, les indices Dow Jones et Nasdaq cédant plus de 2%.
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