Le baril de pétrole atteint de nouveaux records à plus de 100 dollars
Sur fond de tensions sur les approvisionnements, le cours du baril de brut léger américain a clôturé à 100,01 dollars
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Alexandre Boksenbaum
Pour la première fois le cours des 100 dollars est dépassé à la clôture. Hier soir le cours du baril de brut léger a fini la séance à 100,01 dollars, après avoir enregistré un nouveau record en séance à 100,10 dollars. Le baril de Brent de la mer du Nord a de son côté également affiché un nouveau record en séance à 98,70 dollars. La première raison de ce record repose sur les tensions entre l’offre et la demande, comme l’explique Chris Jarvis, chez Caprock Risk, «Une forte demande pour l'énergie et les matières premières en général (...), alliée à des anticipations de marchés d’une baisse de la production de l’Opep en mars, a porté les cours pétroliers vers de nouveaux records». Par ailleurs, la persistance à un niveau très bas du dollar par rapport aux autres devises, ainsi que le conflit du Venezuela avec Exxon Mobil, et les tensions avec les rebelles au Nigeria, sont autant de facteurs haussiers.
Cette tendance concerne l’ensemble des matières premières, comme le montre la progression de 2% des indices Reuters-Jefferies CRB et Dow Jones-AIG, alors que le S&P GSCI a gagné 3%. Le palladium a également atteint un record, alors que les cours du soja sont poussés à la hausse par la forte demande chinoise. Le principal risque lié à cette tendance concerne l’inflation, soutenue par de tels cours. Cela pourrait remettre en cause la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine qui s’était lancée dans une baisse des taux d’intérêt pour relancer l’économie.
De leurs côtés les experts commencent à s’inquiéter. «Les matières premières semblent être devenues une zone refuge pour les investisseurs fuyant les marchés obligataires et actions» explique Edward Meir de MF Global à New York. Un sentiment partagé par Ralph Preson, analyste chez Heritage West Financial, qui note que l’on s’est éloigné des fondamentaux, notamment avec l’entrée sur le marché des fonds d’investissements qui «achètent des matières premières par vengeance». «La hausse des prix du pétrole va étouffer la confiance» redoute Tony Russel d’ABN Amro, alors qu’un trader japonais précise que les effets de prix élevé du pétrole se feront ressentir sur les marchés actions et sur le cours des devises.
La publication de plusieurs indicateurs aux Etats-Unis cette semaine va être extrêmement suivie. Ce matin, le prix du baril de brut léger marque le pas après sa performance de la veille à 99,51 dollars.
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