LBPAM sera le premier grand gérant français 100% ISR
Le cinquième gestionnaire d’actifs français frappe un grand coup. La Banque Postale Asset Management (LBPAM) a annoncé hier la bascule de l’ensemble de ses encours en gestion ISR (investissement socialement responsable) d’ici à 2020. Aucun de ses grands concurrents tricolores n’a franchi le pas à ce jour. Seules deux boutiques de 9 milliards d’euros d’encours se distinguent : Mirova, filiale de Natixis IM, totalement ISR, et Ecofi. Déjà ISR à 80%, cette filiale du Crédit Coopératif indique à L’Agefi qu’elle tendra vers 100% à partir de mi-2018.
Chez LBPAM, «l’ensemble des produits ouverts gérés pour les particuliers et les professionnels convergeront vers la gestion responsable d’ici à 2020, précise la filiale de La Banque Postale. Parallèlement, LBPAM s’engagera dans une campagne de sensibilisation des clients institutionnels dont les encours n’intègrent pas encore de filtres extrafinanciers». Si certains grands clients n’adoptent pas l’ISR, «nous en tirerons les conséquences», indique Daniel Roy, le président du directoire de LBPAM, qui «accepte le risque économique d’un positionnement 100% ISR».
En réalité, à l’image des mandats ISR de CNP Assurances et Malakoff Médéric, les grands clients de LBPAM n’ont guère besoin d’être convaincus, contrairement aux particuliers. Si 50% des 216 milliards d’euros d’encours du groupe utilisent déjà les critères ISR, seuls 10% de ses fonds ouverts y recourent, soit 3,4 milliards d’euros. Pour ces produits grand public, LBPAM recourra aux critères d’éligibilité du label ISR français pour convertir les fonds existants et lancer en juin une gamme baptisée «Conviction ISR». Constituée de deux fonds solidaires et de quatre fonds «ISR de conviction» au sens de Novethic, elle sera investie en actions, en monétaire et en obligations classiques ou vertes.
«Il faut redonner du sens à l’épargne. C’est vital pour construire une épargne de précaution en vue de la retraite, assure Daniel Roy. L’ISR est un moyen de se réconcilier avec la finance.» Si certaines maisons créent des fonds thématiques (eau, vieillissement) pour séduire le grand public, à qui l’ISR est peu familier, la nouvelle stratégie de LBPAM sera «nourrie par des grands enjeux de société» : «le réchauffement climatique», «les limités démographiques de notre système de protection sociale» et «la fracture entre le marché financier et la société».
Le gestionnaire s’appuie sur une méthodologie interne appliquée depuis juin 2017 et sur une équipe dédiée de 11 analystes et gérants issus de LBPAM et de Fédéris Gestion d’Actifs, racheté en 2016.
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