L’aversion pour le risque des gérants européens atteint des sommets
L’aversion pour le risque des gérants de fonds et des allocataires d’actifs n’aura jamais été aussi élevée qu’en février. C’est ce qui ressort de la dernière étude mensuelle de Merrill Lynch menée auprès de 190 professionnels pesant 587 milliards de dollars d’actifs. En net, 41 % des gérants interrogés ont répondu être surpondérés en cash, un niveau qui a été observé peu après les attentats du 11 septembre 2001. Les niveaux de cash dans les bilans des investisseurs ont fortement crû de 3,9 % en janvier à 4,7 % en février.
Cette tendance à la prudence de la part des investisseurs s’explique par un pessismisme accru en matière macroéconomique. « Les investisseurs européens restent profondément inquiets à propos des perspectives économiques », souligne la banque. Suite aux récentes tendances des enquêtes allemandes ZEW, l’étude Merrill Lynch montre les pires anticipations de croissance européenne depuis une décennie. De fait, un solde net de 96 % des interrogés s’attendent à un affaiblissement de l’économie européenne sur les douze prochains mois, alors que 87 % se préparent à ce que la croissance des bénéfices des entreprises déçoivent. « Les investisseurs ont perdu confiance dans les perspectives de bénéfices des entreprises européennes d’une manière importante ».
Ce pessimisme se nourrit notamment de la divergence de point de vue entre les investisseurs et une BCE qui tarde à baisser ses taux. De fait, un solde net de 25 % des interrogés s’attend à un déclin de l’inflation ces douze prochains mois. A la fin 2007, ils étaient encore 40 %, en net, à tabler sur une montée de l’inflation. Au bout du compte, plus de la moitié du panel juge la politique monétaire de la BCE trop restrictive. Merrill souligne toutefois que seuls 17 % croient à une entrée en récession de la zone euro en 2008.
En dépit de ce pessimisme macroéconomique, les gérants sont à présent 25 %, en net, à juger les actions européennes sous-évaluées contre 6 % en janvier. Pour autant, sur un horizon d’investissement de douze mois, ils sont 12 %, en net, à vouloir sous-pondérer leur portefeuille en actions européennes. Des soldes nets de 10 % et 17 % ont répondu vouloir être surpondérés en actions américaines et des pays émergents. « Le gagnant de la crise en cours semble être le marché actions outre-Atlantique qui est soutenu par la croyance grandissante que le dollar est sous-évalué », ajoute Merrill Lynch.
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