L’Australie se passe des banques pour établir son taux interbancaire
Dans le sillage du Libor, le taux de référence interbancaire australien a entamé sa mue. Les investisseurs ne vont plus se référer à un taux élaboré à partir de taux observés sur le marché et fournis par les banques. Il sera désormais calculé grâce aux données recueillies directement auprès des plates-formes électroniques et brokers. L’association des marchés financiers australienne (Afma), qui représente quelque 130 spécialistes des marchés, a annoncé qu’elle allait se passer du panel qui sert à fixer le «bank bill swap reference rate» (BBSW), le taux de référence qu’elle publie.
Cette décision fait suite à l’affaire de manipulation des taux interbancaires qui a durablement endommagé la crédibilité de ces indices, lesquels servent de référence à de très nombreux produits financiers. En réaction au scandale, les banques sont nombreuses à quitter les panels et celui de l’Afma n’a pas échappé à la règle puisqu’il a vu UBS, JPMorgan, Citibank et HSBC en sortir. A la fin mars, le panel ne comportera plus que dix membres. D’où le désir de l’association de changer de système. Elle assure que cette innovation est soutenue par les participants de marché.
Selon l’Afma, ce changement «éliminera les coûts de mise en conformité et les autres coûts qui incombent aux banques membres du panel». L’association espère être techniquement prête à collecter les données auprès des brokers et des plates-formes de marché électroniques «d’ici à quelques mois». Alors que les régulateurs internationaux cherchent à améliorer la fiabilité des indices, elle rappelle qu’elle a déjà pris plusieurs initiatives pour favoriser sa transparence et fournir davantage de données.
En Europe, la réforme des indices de marché se concrétise doucement. Lundi dernier, la Financial Services Authority britannique, a dévoilé les règles finales qui s’appliqueront pour la fixation du Libor. L’élaboration de l’indice sera supervisée par les régulateurs.
Par ailleurs, les banques panélistes devront soigneusement vérifier leurs contributions, mettre en place des contrôles et des procédures pour éviter les conflits d’intérêts. Au sein de la zone euro, la fédération bancaire qui publie l’Euribor, l’Euribor-Ebf, s’est engagée à des réformes et la Commission doit faire des propositions à ce sujet d’ici à l’été. Ces annonces n’ont cependant pas stoppé les départs du panel de l’indice européen.
Plus d'articles du même thème
-
La BCE s'apprête à relancer un cycle de resserrement monétaire
La logique économique voudrait que la banque centrale remonte ses taux jeudi 11 juin de manière «préventive», sans annoncer la suite. Mais la logique monétaire amène plus souvent l'institution de Francfort à conforter ou orienter les marchés sur des vues restrictives pour lutter contre l’inflation. -
Banco BPM propose à Monte dei Paschi d'engager des discussions en vue d'une fusion
Le rapprochement entre les deux établissements donnerait naissance au deuxième acteur du secteur bancaire italien, avec une capitalisation boursière supérieure à 50 milliards d'euros. -
L’opposition des actionnaires diminue en assemblée générale
Au cours des 101 AG 2026 du SBF 120 qui se sont déjà tenues, le taux de contestation diminue. Il touche toujours en priorité les rémunérations et les autorisations financières. -
« La dynamique des bénéfices reste le principal moteur des marchés »
Laurent Denize, directeur des investissements chez Oddo BHF AM -
«Le mouvement baissier sur les taux Bunds nous semble inéluctable, le débat porte sur le rythme»
Julien Petit, responsable de la gestion crédit & absolute return chez Arkéa AM. -
«Croissance et inflation limitent le potentiel de dépréciation du dollar à court terme»
Amélie Derambure, responsable de stratégies d’investissement multi-actifs chez Amundi.
ETF à la Une
VanEck lance un ETF sur les infrastructures d'électrification
- L’AMF s’apprête à clarifier les obligations des sociétés de gestion en matière de rémunération des distributeurs
- Derrière l’affaire Uzès Gestion, la délicate question de la direction de fait
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- James Reynolds (GSAM International) : «Il y aura une dispersion croissante des performances en crédit privé»
- Protéger son portefeuille dans un monde incertain
Contenu de nos partenaires
-
Bras de fer« C’est dans le Top 3 de leurs sujets » : pourquoi les patrons français sont ultra-remontés contre la directive sur la transparence salariale
Les organisations patronales réclament plus de temps face à un texte jugé trop rigide et source de contentieux inédits -
Retour de flammeL'Allemagne aura-t-elle assez de gaz l'hiver prochain ?
Le remplissage des stockages souterrains est en retard par rapport aux années précédentes, contrecoup de la guerre au Moyen-Orient -
Think AgainL’Europe peut-elle regagner sa souveraineté technologique ?
« En 2026, l’IA ouvre une fantastique opportunité de transformation de la bureaucratie. Le saut technologique pourrait, s’il est réussi, rétablir la confiance de l’opinion dans les services publics »