«L’augmentation du bilan de la BCE dépendra en grande partie des TLTRO»

Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel BGC
Solenn Poullennec

- L’Agefi : Pensez-vous que la BCE pourra augmenter son bilan de 1.000 milliards d’euros avec les mesures déjà annoncées ?

- Jean-Louis Mourier : A la différence des banques centrales anglaise et japonaise, les 1.000 milliards annoncés ne constituent pas un objectif absolu. «Il est attendu» des mesures annoncées par la BCE qu’elles permettent au bilan de la BCE de retrouver sa taille de mars 2012, soit, effectivement, une hausse proche de 1.000 milliards d’euros. MM. Draghi et Weidmann ont bien insisté sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un objectif stricto sensu. L’important est de permettre aux établissements qui ont besoin de liquidités supplémentaires d’en obtenir à bon compte. Il reste que le schéma actuel des relations entre la banque centrale et les institutions financières de la zone euro laissent le soin à ces dernières de déterminer le rythme d’évolution du bilan de la BCE, qui lui-même résultera des prochaines TLTRO, dont dépendront les besoins d’achats de titres sur les marchés.

- Quelle est selon vous la probabilité de lancement d’un programme d’achat d’obligations corporate ?

- La probabilité d’extension des achats de titres aux obligations corporates dépend, ainsi, du comportement des banques aux prochaines opérations de refinancement, ordinaires et exceptionnelles. Si celles-ci débouchent sur une augmentation très faible, ou pire sur une réduction, du bilan de la BCE, les achats d’obligations bancaires sécurisées et de titrisations ne suffiront pas pour une augmentation significative de ce dernier. Il faudra trouver d’autres actifs à acheter. Les obligations d’entreprises seront, bien sûr, des candidates intéressantes.

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