L’atonie de la croissance française met le gouvernement au pied du mur

Après deux trimestres de croissance nulle, Paris a dû renoncer à ses objectifs de réduction budgétaire pour cette année et l’année prochaine
Patrick Aussannaire

La croissance française est en panne. La stabilité du PIB au deuxième trimestre, qui fait suite à une croissance également nulle sur les trois premiers mois de l’année, a contraint le gouvernement à réviser ses prévisions pour 2014 de moitié à 0,5%. Un niveau en ligne avec la croissance moyenne enregistrée en 2012 et 2013 de 0,4%, accompagnée d’une chute de l’inflation à seulement 0,5%. Si la demande intérieure, principal moteur historique de l’activité en France, a contribué positivement à hauteur de 0,2 point à la croissance, la hausse de 0,5% de la consommation privée compense exactement la baisse enregistrée au trimestre précédent. Signe de la prudence des ménages: le taux d’épargne s’était envolé de 1,2 point au premier trimestre pour atteindre 15,9%.

Dans ce contexte, le ministre des Finances et des Comptes publics, Michel Sapin, a réclamé une nouvelle fois l’indulgence de Bruxelles en reconnaissant que le déficit public dépassera le seuil de 4% du PIB en 2014, alors que la France s’était engagée à le ramener à 3,8%. Aucune correction budgétaire qui pénaliserait l’économie n'étant envisagée, Citigroup estime que le déficit devrait rester à peu près stable par rapport à celui de 2013 (4,3% du PIB), avant de revenir à 3,6% en 2015, contre un objectif initial de 3%. Seul réconfort: les obligations françaises continuent de bénéficier d’un mouvement de fuite vers la «qualité» des investisseurs, avec un rendement de l’OAT à 10 ans qui est tombé à son plus faible niveau historique vendredi à 1,337%.

Même avec la révision à la baisse de la prévision de croissance pour 2015 de 0,7 point à 1% par le gouvernement, la trajectoire budgétaire reste incertaine. L’investissement privé, qui constitue pourtant la priorité du gouvernement, a poursuivi sa chute au deuxième trimestre à hauteur de 1,1% après celle de 1% déjà enregistrée au premier. «Les entreprises françaises n’ont pas modifié leurs perspectives malgré les mesures prises par le gouvernement», explique HSBC. Pourtant, «la croissance est bloquée par un problème massif d’offre», ajoute Natixis qui précise que «l’industrie manufacturière continue à détruire de la capacité avec une rentabilité du capital la plus faible de tous les pays de l’OCDE» et que «la production de services est affectée par le coût trop élevé du travail peu qualifié».

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