L’arrivée de Mark Carney à la Banque d’Angleterre est très surveillée
Les économistes sont plutôt partagés sur les conséquences de l’arrivée de Mark Carney à la tête de la Banque d’Angleterre ce lundi. Le président du Conseil de stabilité financière qui était gouverneur de la banque du Canada jusqu’au début du mois de juin est réputé favorable aux politiques d’assouplissement quantitatif. Cependant, beaucoup d’analystes ne croient pas que le comité de politique monétaire votera une augmentation du programme de rachats d’actifs (QE) à l’issue de sa réunion, jeudi.
Selon la recherche de Morgan Stanley, la probabilité d’une extension du QE a augmenté par rapport au mois dernier. Car l’annonce d’une sortie progressive du QE d’ici à la fin de l’année prochaine par la Fed a fait progresser les taux. Les rendements des titres d’Etat britanniques à dix ans s’étaient tendus vendredi après-midi de 46 points de base en un mois, pour atteindre 2,42%. L’économiste de BNP Paribas CIB, David Tinsley, table sur un renforcement du QE en août prochain.
Si Mark Carney, vu comme activiste, souhaitait aller dans ce sens, il lui faudrait cependant convaincre les membres du comité de politique monétaire. Son prédécesseur Mervyn King a plaidé pour une augmentation du QE de 375 milliards de livres, de 25 milliards de livres supplémentaires dès le mois de février dernier. Il n’a pourtant pas réussi à faire accepter ses arguments par 6 de ses collègues au sein du comité (sur 9).
Plusieurs économistes font valoir que la relative bonne tenue des indicateurs économiques britanniques et l’augmentation attendue de l’inflation (elle était à 2,7% en mai), pourraient laisser la donne inchangée au sein du Comité de politique monétaire. Barclays estime ainsi qu’il n’y aura pas davantage de QE à court terme. Qui plus est, «prédire le vote de Mark Carney est difficile car il n’a pas jusqu’à aujourd’hui commenté les perspectives économiques du Royaume-Uni», fait valoir la recherche d’UniCredit.
Les économistes sont en revanche nombreux à penser que la Banque d’Angleterre va chercher à guider les anticipations plus finement. La réflexion qui a été lancée sur ce sujet (forward guidance) en mars dernier doit déboucher en août. Simon Hayes chez Barclays assure que ce type de communication est d’autant plus justifié «alors que les marchés financiers pourraient anticiper des hausses de taux en réaction à des données économiques plus encourageantes».
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