L’appétit des investisseurs s’aiguise pour les actifs plus risqués
Les investisseurs se détournent des obligations américaines pour s’orienter davantage vers les actions américaines et les obligations étrangères
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Patrick Aussannaire
Les achats nets d’obligations du Trésor américain à long terme par les investisseurs étrangers se sont réduits à 3,3 milliards de dollars au mois de septembre, après des achats nets de 90,3 milliards en août et une moyenne mensuelle de 50 milliards depuis le début de l’année, selon les chiffres du Trésor américain.
La Chine n’a que marginalement accru ses réserves en dollars de 300 millions à 1.155 milliards, alors celles du Japon s’envolaient de 8 milliards pour atteindre 1.123 milliards à fin septembre. Les investisseurs étrangers ont cédé 17 milliards d’obligations américaines, soit le montant net total le plus important depuis mi-2009.
En revanche, sur un an, le Brésil, la Belgique, le Luxembourg, la Russie, la Suisse, Taiwan et Hong Kong ont accru leurs détentions d’obligations américaines de 264,8 milliards de dollars, compensant de plus de deux fois les baisses constatées de la part de la Chine d’un montant de 123 milliards. Engagé dans une lutte contre l’appréciation du yen, le Japon a accru ses détentions de titres américains de 147 milliards, alors que la Suisse, qui doit défendre sa parité de 1,20 contre euro, les a renforcées d’un montant de 195,8 milliards. «Des investisseurs en ont remplacé d’autres, ce qui démontre la profondeur de la demande», estime Aaron Kohli, stratégiste chez BNP Paribas.
Globalement, «les investisseurs semblent se détourner des actifs sans risques tels que les obligations américaines du Trésor pour s’orienter vers des actifs plus risqués, y compris les actions américaines et les obligations étrangères», estime Citigroup. Les achats d’actions américaines ont en effet progressé de 24 milliards, un montant supérieur sur un mois au total cumulé des achats sur les six mois précédents. Et les investisseurs américains ont accéléré leurs achats de titres étrangers avec un montant net de 21,5 milliards de dollars d’obligations achetées en septembre, renversant la tendance de cessions nettes d’actifs étrangers de 70 milliards entre mars et fin août.
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