L’appétit des investisseurs pour la dette espagnole s’affaiblit
Après les 7,7 milliards levés mardi par son homologue italien, le Trésor espagnol a testé hier à son tour le marché primaire pour la première fois depuis la reprise du programme de rachats de titres (SMP) de la BCE. Madrid a relevé le défi en inaugurant une ligne obligataire à 5 ans, d’échéance octobre 2016 et de coupon 4,25%. Le pays a levé 3,62 milliards d’euros, contre une fourchette indicative de 3 à 4 milliards.
Comme Rome, Madrid reste dépendante de la BCE, qui s’est substituée aux acheteurs de dette depuis presque un mois et a fait baisser artificiellement les rendements. Conséquence, l’appétit pour le papier a été moins fort que lors des dernières adjudications de dette de maturité janvier 2015 et avril 2016, qui ont eu lieu les 4 août et 7 juillet 2011. Hier, la demande a atteint 6,36 milliards, le ratio de couverture (montant demandé sur montant alloué) ressortant à 1,76 fois, contre 2,40 fois en août et 2,85 fois en juillet. «L’émission s’est placée, mais le résultat est au bout du compte décevant», estime UniCredit.
Alors que la Chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy ont réitéré leur soutien aux efforts budgétaires espagnols, les conditions de financement de l’Espagne se sont toutefois améliorées sous l’effet des rachats de titres de la BCE sur le marché secondaire. Le rendement offert de 4,489% est en baisse de 49,5 pb par rapport à celui consenti en août et de 38,2 pb vis-à-vis de celui offert en juillet.
«La mauvaise nouvelle est que l’obligation se soit vendue avec une prime de 8-9 pb sur la courbe des taux espagnole. Et même avec cette prime, l’Espagne a été seulement capable de vendre légèrement plus que le milieu de la fourchette annoncée», précise UniCredit. De plus, avant et après le placement, le rendement de la dette à 5 ans sur le secondaire s’est tendu de 10 pb, passant de 4,267% et 4,365%.
Une poursuite de l’effritement de l’intérêt des investisseurs vis-à-vis de la signature espagnole mettrait l’Espagne sous pression. D’autant plus que le pays fait partie des Etats-membres les plus en retard sur leur programme d’émissions. Son taux d’avancement s’établit à 68%, contre 70% l’année dernière à la même période. Le souverain devra émettre environ 30 milliards d’ici à la fin 2011, selon UniCredit. Le parlement espagnol doit voter aujourd’hui l’entrée dans la Constitution du principe de stabilité budgétaire, la fameuse «règle d’or».
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