L’AMF redoute des divergences européennes dans la sanction des abus de marché
Les Européens se sont accordés la semaine dernière sur un contrôle plus efficace des abus de marchés. Même si elle se réjouit de cette avancée, l’Autorité des marchés financiers (AMF) redoute cependant que les abus ne soient pas sanctionnés de la même manière dans les différents pays de l’Union.
Après plus d’un an et demi de débats, les représentants des Etats et ceux du Parlement européen, se sont mis d’accord sur le règlement sur les abus de marché (Mad). Celui-ci étend le champ de la régulation, vieille de dix ans, aux plates-formes alternatives (MTF), aux organised trading facilities en passe d’être créées, et aux transactions effectuées de gré à gré. Le règlement doit aussi faciliter la sanction d’abus sur les marchés de matières premières et inclut, en réaction au scandale du Libor, des dispositions sur la manipulation des indices de marchés.
L’AMF se dit globalement satisfaite de ce règlement, qui doit être complété par une directive (Mar), toujours en négociation. En revanche, elle s’inquiète que les Etats puissent choisir de ne pas imposer de sanctions administratives en matière d’abus de marché dans le cas où il existe des sanctions au pénal. «Il n’y a pas d’harmonisation européenne des sanctions administratives, c’est dommage car la Commission s’est rendu compte il y a environ deux ans qu’il y avait de très grandes différences en Europe», explique Edouard Vieillefond, secrétaire général adjoint à l’AMF.
Et d’ajouter: «Nous redoutons une contagion de ce principe d’optionalité à d’autres textes sectoriels. Si ce principe est effectivement répliqué, nous risquons de ne pas avoir les mêmes pratiques de sanctions dans tous les pays. C’est un sujet clé». Le régulateur regrette aussi que le règlement ne lui permette pas d’accéder directement aux carnets d’ordres des plates-formes régulées par d’autres homologues européens. Cela aurait permis à l’AMF d’éviter de toujours passer par le régulateur européen compétent, ce qui peut prendre du temps.
En revanche, l’AMF est satisfaite que le règlement n’empêche pas de faire des sondages sur le marché obligataires. Avant d'être encadrée mi-2012, cette pratique avait été au cœur de la condamnation de plusieurs banques par la commission des sanctions pour diffusion innapropriée d’informations privilégiées. L’industrie financière devrait aussi se réjouir que le règlement admette les contrats de liquidité signés par un émetteur avec un intermédiaire pour assurer la tenue de son cours.
Plus d'articles du même thème
-
La philanthropie se réinvente autour de la culture et de l’environnement
Historiquement centrée sur l’action sociale, la santé ou l’éducation, l’industrie de la philanthropie s’est progressivement transformée au cours des dernières décennies, avec une diversification croissante des causes soutenues. -
Rothschild & Co pousse ses pions dans la gestion de fortune en Allemagne
La banque réalise l'acquisition de la banque privée hambourgeoise Marcard, Stein & Co, dont les encours s'établissent à environ 300 millions d'euros. Cette transaction lui permet également d'obtenir une licence bancaire. -
EXCLUSIFEric Massou succède à François Durvye à la tête d’Otium
Directeur général adjoint en charge des finances depuis deux ans, Eric Massou est nommé directeur général de la société d’investissement fondée par l’entrepreneur Pierre-Edouard Stérin. Succédant à François Durvye, désormais engagé en politique, il déroule sa feuille de route et les ambitions d’Otium dans une interview exclusive à L’Agefi. -
Avec le commerce agentique, l’industrie bancaire peut être l'arbitre de confiance entre IA et consommateurs
L'essor promis du commerce agentique passe par la capacité de garantir l'usage en confiance de tels agents. Les banques disposent d'une occasion rare sur ce terrain, celle de devenir la référence qui fixe le cadre du marché, estime Mung Ki Woo, directeur digital & innovation pour les services financiers de Sopra Steria. -
Le haut rendement européen est pris par le vertige de l’IA
Le spécialiste américain des centres de données CoreWeave a réalisé la première émission high yield liée à l’IA. La plus importante sur le marché haut rendement en euros. -
Swiss Life AM ne croit pas aux centres de données dans l’espace
Construire des data centers dans l’espace permettrait de résoudre les problèmes du réchauffement climatique et de l’artificialisation du sol. C'est un des paris de SpaceX qui s'est coté en Bourse la semaine dernière. Mais selon Gabriel Damiani, head of core and core+ infrastructure chez Swiss Life Asset Managers, les contraintes techniques en empêchent la réalisation sur le moyen et long terme.
ETF à la Une
WisdomTree dévoile un ETF sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle
- BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Marc Riez (Vega IS) : «Nous avons engagé des discussions avec Novobanco au Portugal»
- L'AMF pourrait ouvrir les OPCVM aux cryptos
- Capital Group s'apprête à lancer ses ETF actifs en Europe
- Le régulateur américain veut encadrer les marchés de prédictions ciblés par les hedge funds
Contenu de nos partenaires
-
L'ordre, nouveau signe extérieur de richesse ?
Les organisateurs professionnels se sont invités dans les intérieurs des nantis. Un métier de l’ombre que la Française Caroline Caron Dhaouadi a su transformer en empire. -
Après la débâcle du SCAF, le projet du « char du futur » franco-allemand dans l'impasse ?
Ce lundi, la ministre des Armées Catherine Vautrin a annoncé un retard de dix ans sur la livraison du futur char de combat franco-allemand -
French Tech 2026 : la liste des start-up du programme Next 40/120 a été dévoilée
La promotion 2026 révèle un écosystème en pleine ébullition, porté par la deeptech, avec des résultats en hausse et une ambition internationale