L’AMF confirme son plan d’orientation stratégique pour peser en Europe
L’Autorité des marchés financiers (AMF) a publié hier la version définitive de son plan stratégique pour les trois prochaines années. Le régulateur projette de mieux faire entendre les positions françaises à Bruxelles, de rassurer les épargnants et d’accompagner le financement de l’économie par le marché.
Les priorités du plan ont «fait l’objet d’un large consensus auprès de l’ensemble de la Place financière», a assuré Gérard Rameix, le président de l’autorité lors des entretiens organisés par son institution hier. Le successeur de Jean-Pierre Jouyet avait présenté ses grandes orientations en une cinquantaine de pages cet été avant de les soumettre à consultation jusqu’à l’automne. Une vingtaine de contributions ont été rendues mais la version définitive du plan comporte peu de modifications.
L’AMF veut tout d’abord accroître son influence, notamment en Europe, pour peser sur les négociations en matière de régulation financière. Le plan prévoit dans cette optique la création d’un comité juridique de place. «Le principal message de nos professionnels est : «défendez à Bruxelles et ailleurs une régulation qui suscite la confiance et nous garantisse une concurrence honnête», a assuré Gérard Rameix.
L’AMF entend aussi axer ses travaux sur le rétablissement de la confiance des épargnants. Elle souhaiterait que les législateurs lui permettent de sanctionner les personnes exerçant des activités réglementées sans agrément (cela relève aujourd’hui du pénal). L’autorité aimerait étendre la procédure de transaction à d’autres infractions que le non-respect par les intermédiaires financiers de leurs obligations professionnelles. Le projet de loi sur la consommation devrait par ailleurs être l’occasion d’encadrer les placements atypiques.
Enfin, le régulateur souhaite accompagner les financements de l’économie. Il nommera dans les «prochaines semaines» un «responsable des PME», chargé de coordonner les relations avec elles et de faire de la pédagogie. Il participe par ailleurs aux travaux de place sur l’encadrement du «crowdfunding». Lors des débats d’hier, la députée Karine Berger s’est dite, «très, très inquiète sur le crowdfunding» car il relève du «shadow banking». Le secrétaire général de l’AMF, Benoît de Juvigny a expliqué que si son institution est favorable à «un certain assouplissement» du cadre réglementaire, elle ne souhaite «pas aller trop loin».
Plus d'articles du même thème
-
La BCE s’inquiète du levier des hedge funds sur les marchés obligataires
Le dernier rapport de stabilité financière analyse le levier croissant des hedge funds sur les marchés obligataires souverains via les stratégies d’arbitrage dites «basis trade». Des positions massives financées par les marchés de «mise en pension» («repo»), qui font peser un risque de ventes forcées et de volatilité accrue en périodes de stress. -
La France s’attend à la clémence de S&P
Ni le déficit budgétaire, ni l’instabilité politique, ni même la dégradation de l’économie mondiale liée à la crise au Moyen-Orient ne devraient trop peser sur la notation de l’agence, qui sera dévoilée vendredi. -
Le Maroc a bouclé sa plus importante émission en euros
Le pays a émis 2,25 milliards d’euros d’obligations en deux tranches à 8 ans et 12 ans, malgré le contexte de marché volatil, témoignant de la profondeur de ce marché. -
Les derniers comptes des ACM valorisent Ardian à 5,9 milliards d'euros
Les Assurances du Crédit Mutuel détenaient 20 % de la structure de tête du gestionnaire français de non-coté à la fin de 2025. L'assureur est un de ses actionnaires de référence depuis 2013. -
L’AMF veut accompagner l’innovation financière tout en protégeant les épargnants
A l’occasion de la présentation du rapport annuel de l’Autorité des marchés financiers, sa présidente a qualifié les arnaques financières de « phénomène de société ». Elle continue à prôner le rôle majeur de la France dans le projet d’Union de l’épargne et de l’investissement. -
QIA et Cofides s'allient pour soutenir le développement des PME espagnoles
QIA, le fonds souverain du Qatar, et Cofides, l’institution financière publique espagnole, ont annoncé un accord visant à créer un fonds d’investissement commun afin d’investir dans des projets stratégiques à travers l’Espagne.
ETF à la Une
La Bourse de Corée lance des ETF à levier sur Samsung et SK Hynix
- La réplication synthétique dévoie la vocation du PEA
- Pierre Séquier (Exane AM) : «L'Europe germanophone constitue un objectif pour notre développement»
- L’essor de la gestion passive continue de soutenir l’industrie des indices en 2025
- L’Italie cherche à canaliser l’épargne vers ses entreprises
- Invesco discute avec le fondateur de Zara pour lui céder l'immeuble Capital 8 à Paris
Contenu de nos partenaires
-
Démonstration de forcesAttal, Philippe, Retailleau : le match des meetings
Même dans un monde numérisé, le bon vieux meeting reste un incontournable. Il permet de mobiliser les troupes, de montrer les muscles, d'afficher l’unité. Mais peut être ravageur en cas de salle clairsemée -
FeuilletonLes Etats-Unis et l’Iran reprennent leur bras de fer... en attendant un deal ?
Après avoir multiplié les échanges de tirs, les deux pays auraient établi un cadre d'accord mais celui-ci n'a pas été validé par Donald Trump -
Old schoolAttal, Philippe, Retailleau : trucs et astuces pour réussir un meeting
Quel est le meilleur « ambianceur » entre les dirigeants de Renaissance, d'Horizons et des Républicains ? Gabriel Attal va bénéficier de l'expertise des Jeunes avec Macron mais Edouard Philippe et Bruno Retailleau sont tout autant déterminés à mettre le feu